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Le Courrier de Fonds-Rouge(7) / Ces marcheurs de la solidarité

Le 25 février dernier six Dominicains avaient débuté une marche pour la paix haitiano-dominicaine. Ils ont repris le flambeau de cet idéal maintes fois allumé, déjà en 2000, 2004 et en 2012. Ils étaient partis du Parc Indépendance, à Santo Domingo pour atteindre Port-au-Prince le dimanche 9 mars.

Pour cette paix entre les deux pays, ces défenseurs des droits humains ont parcouru plus de 400 kilomètres. Ils ont marché pour tous les Haïtiens et tous les Dominicains d’ascendance haïtienne qui sont très mal vus ou déclarés insupportables au pays de Joaquim Balaguer.

Ils ont marché afin d’apporter un appui, peut-être emblématique, ô combien parlant, éloquent, évocateur, significatif à cette cause haïtienne dont les autorités nationales ne parviennent pas à défendre comme il fallait ; parfois par timidité, le plus souvent par crainte d’hypothéquer des intérêts inavouables. Dans la gestion du dossier de l’arrêt 168-13 devenu cause haïtienne, les dirigeants laissent l’impression qu’ils vasouillent. Et si vasouiller est un degré inférieur de vassaliser !

Ces gens de la « Paz dominicana » ont marché pour ceux qui ont péri en 1937 pour n’avoir pas pu bien prononcer « PEREJIL ». Ils ont marché pour saluer  la mémoire de ceux  emportés par la rage anti-haïtienne.

Chaque goutte de leur sueur a servi à atténuer les feux du racisme anti-haïtien promu hier comme aujourd’hui par des nationalistes dominicains  ou mieux des « nazionalistes » qui, de génération en génération, ont toujours vu dans la migration haïtienne une menace identitaire.

Ils ont bravé, durant 13 jours, la chaleur du bitume parce qu’ils rêvent que des démocrates et des humanistes, du monde entier, mais d’abord ceux d’Haïti et de la République dominicaine signifient à Vinicio Castillo et alliés de la formation politique Fuerza nacional progresista de cesser de propager la haine des Haïtiens.

Ces militants de défense des droits d’humains de la « Paz dominicana » ont fait mieux que tous les grands marathoniens de l’histoire, ils soutiennent une cause noble : la coexistence non agressive de deux peuples sur l’île Kiskeya. Durant ces jours de marche, ils ont été plus Haïtiens que Dominicains.

Au nom des amis du Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés, du Service Jésuite aux Migrants, de la Fondation Zile; au nom victimes haïtiennes de l’antipathie, de l’animadversion des groupuscules « nazionalistes » dominicains ; au nom des nôtres battus, humiliés, décapités ; au nom de toutes les victimes du « syndrome d’Attillo Palma », pour parler comme l’ambassadeur Guy Alexandre ; au nom de Sonia Pierre, Francisco Peňa Gómez, du professeur dominicain Francklin Franco Pichardo ; au nom de Hilarius Hilarion, ce fils de Jacques Stephen Alexis qui a connu l’enfer des bateys; au nom de la grande majorité de Dominicains, peut-être silencieuse, répugnant pourtant les paroles et actions donnant forme et force à l’anti-haitianisme cultivé par des hommes et des femmes vivant à contre-courant de l’histoire ; au nom de la partie haïtienne reconnaissante, on vous dit : « merci ».

Julio Ernesto Peguero Abreu, Felipe Carvajal, Bonny Guillen Beltre, Rafael Perez Rodriguez, Leidy Altagracia Jimenez Devora, Rafael Guillen Beltre pour la défense de cette cause vous êtes des hommes d’honneur en Haïti.

Idson Saint-Fleur

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