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Actualités - septembre 21, 2021

Scoop édito/USA/Le mythe de la terre promise : Des milliers de migrants haitiano-latinos réduits en peau de chagrin

Le mythe de la terre promise sur lequel est fondée la terre américaine continue de dominer le monde. Les États-Unis dominent, manipulent et humilient le monde. Les États-Unis tétanisent, étourdissent, abasourdissent les esprits, rabaissent les peuples de l’Amérique. Ils affolent les peuples.

La nation américaine est fondée sur un ensemble de mythes. Ces mythes fondateurs étaient utilisés et s’utilisent encore comme instrument de domination. Et de fait, les américains dominaient et dominent encore le monde.

Les États-Unis projettent, depuis la fondation, non pas par accident, une image de pays de cocagne. Ils se vendent comme un eldorado, pour un pays chimérique, un pays de miel et de lait où l’on a tout en abondance, où la vie est facile.

Pour inculquer ces mythes, ces images dans les esprits des peuples manipulés, exploités et détruits, les américains depuis la création de leur nation se servent de la bible comme tremplin politique, comme outil de domination. Le mythe de la terre promise a été inspiré  de la bible dans l’idée de reproduire un nouvel Israël dans le monde.

L’histoire, explique le théologien Dominique Greiner, commence au milieu du XVIe siècle en Angleterre. L’esprit de la Réforme a permis de redécouvrir les textes de l’Ancien Testament. Les puritains anglais, issus du calvinisme, les lisent avec grand intérêt. Ils se passionnent pour l’histoire du peuple hébreu et son système social et politique.

La rigueur de ses lois, son insistance sur la pureté et la justice, l’exemplarité de ses personnages, les messages d’espérance de ses prophètes, ajoute l’assomptionniste, répondent aux attentes exigeantes de ces chrétiens qui se sentent à l’étroit dans le carcan anglican. Persécutés, ils fuient la monarchie britannique au début du XVIIe siècle et traversent les océans, espérant trouver une terre où ils pourront pratiquer leur religion, en conformité avec la Loi du Sinaï.

Subjugués par l’histoire biblique, écrit l’économiste Dominique Greiner, dans son texte intitulé « l’Amérique, nouvelle Terre Promise », ces puritains en viennent à s’identifier aux personnages exemplaires de l’Ancien Testament, jusqu’à être convaincus qu’ils constituent eux-mêmes le peuple de l’Alliance. Sur une terre vierge de toute croyance (les Indiens étant considérés comme des sauvages mécréants), ils cherchent à bâtir une société organisée selon les principes bibliques, en conformité avec la mission messianique des prophètes, dont ils sentent les héritiers.

En quête de mieux être, des milliers de migrants, pour la plupart des haïtiens, désespérés, arrivés en provenance du Chili, Brésil, Vénézuéla, de la Colombie, entre autres, affluent à la frontière américano-mexicaine pour se rendre au pays, comme disent les américains, où tous les rêves se réalisent.

Depuis le weekend du samedi 18 septembre écoulé, l’image d’une foule innombrable de migrants se tassant sous un pont à la frontière américano-mexicaine, l’image des migrants haïtiens pourchassés par des gardes frontaliers américains à cheval tournent en boucle sur les réseaux sociaux. Ces images choquantes humilient les peuples voisins, notamment les haïtiens gardés sous les verrous pendant des jours, contraints de se couvrir, la nuit pour se protéger contre le froid, d’un tapis, dépourvus d’éléments hygiéniques nécessaires pour se brosser les dents et se baigner.

Il faut l’admettre. Aucun État digne de son nom n’aurait accepté un brusque déferlement à l’intérieur de son territoire. Nous déplorons le traitement de nature raciste infligé aux migrants haïtiens qui font l’objet d’expulsion depuis ces dernières 48 heures. Mais, nous ne pouvons pas critiquer les américains sur les mesures prises contre l’immigration illégale des étrangers. Les États-Unis ont leur politique migratoire. Il faut la respecter.

Toutefois, il faut le reconnaitre, les États-Unis sont pour beaucoup dans le malheur haïtien. Les américains eux-mêmes le reconnaissent. Dans un discours accordé au professeur Bill GUIGLEY en 2010 sur Haïti après le tremblement de terre dévastateur qui a détruit le département de l’Ouest et du Sud Est du pays, l’ancien secrétaire d’État américain, Collin Powell, a avoué des vérités historiques.

Les États-Unis, expliquent l’ex chef de la diplomatie américaine, ont travaillé depuis deux cents ans à l’écrasement d’Haïti. Nous avons une lourde dette envers Haïti. Ce n’est pas de la charité. C’est une question de Justice. Nous y avons un devoir de réparation. Les 100 millions de dollars promis par le Président Obama n’est qu’une bagatelle qu’on peut gagner à la loterie « Power Ball ». Il y a rien là. Le gouvernement américain doit à Haïti des Billions avec un grand B.

Les États-Unis, a renchéri Collin Powell, ont travaillé depuis des siècles à la destruction d’Haïti. Nous avons utilisé Haïti comme notre domaine, notre propriété. Les États-Unis ont aidé à saigner le pays économiquement depuis qu’il s’est libéré du joug de l’esclavage. Ils l’ont envahi militairement à maintes reprises, ont longtemps supporté les dictateurs qui abusaient du peuple en utilisant le pays comme un dépotoir dans l’intérêt de nos propres avantages économiques. Ils ont entravé leur développement, ruiné leur agriculture et renversé les gouvernements populaires légalement élus. Les États-Unis ont même utilisé Haïti comme leur cour de recréations à des fins sexuelles.

Pendant que les américains chassent, expulsent les migrants, ne devraient-ils pas dédommager les peuples exploités, détruits, ruinés de l’Amérique ?

Mozard Lombard,

Éditorialiste chez Radio Télé Scoop,

Tél : (509) 3147-1145,

Email : [email protected]

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