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Actualités - juin 13, 2019

Haïti débat / Dossier Petro Caribe : Des Petro Challengers soudoyés par les politiques et la bourgeoisie mercantile traditionnelle haïtienne

Le si noble et juste mouvement Petro Challenger, qui se veut être une forme lutte sociale pour la restitution du fonds PetroCaribe dilapidé, en moins de 11 ans, de 2006 à 2016, par trois administrations, Préval, Martelly et Privert, risque de tourner en une grande activité de spéculation. Des Petro Challengers se contre-attaquent.

Sous l’impulsion des politiques et des acteurs du secteur économique, cette mouvance sociale s’éclate en miette morceau.  De Ayiti nou vle, elle est subdivisée en Nou Pap Konplis, Nou Pap Domi, Initiative Citoyenne pour le progrès d’Haïti, MTV (Mouvman Twazyèm Vwa), entre autres.

Loin d’être une structure forte qui s’engage à lutter contre la corruption et l’impunité, ce mouvement, mis sur pieds pour aboutir à ce procès historique dont on dispose la nation à attendre, n’inspire pas confiance. Il s’est affaibli à son tout début. Il s’est alangui pour deux raisons. D’abord, parce qu’il s’est émietté. Ensuite, parce que ses initiateurs se laissent soudoyer par ceux qui n’ont aucun intérêt dans la réalisation du procès.

Plus de 70% des jeunes qui ont eu leur bac en Haïti ne peuvent pas entrer à l’université. Plus de 80% des jeunes qui ont bouclé le premier cycle universitaire ne peuvent pas trouver de l’emploi dans le pays, affirme Présimon Jean, lors de la retransmission de l’émission Haïti débat du jeudi 13 juin 2019.  Si le fonds n’était pas gaspillé, la jeunesse aurait pu ne pas être dans le chômage. Elle aurait pu ne pas être contrainte aussi d’aller étudier, en si grand nombre, envers et contre tout, en terre voisine.

Dans un document publié au courant de cette semaine, l’économiste haïtien Thomas Lalime a souligné à l’attention de tous que pour rembourser le fonds chaque haïtien doit verser $us 163 aux créanciers vénézuéliens. Cette situation est complètement absurde. C’est une aberration totale, un peuple, qui vit déjà dans une condition de grande précarité, va devoir restituer une somme gastronomique, qu’il en a pas profité, dont a joui aisément une oligarchie au vu et au su de tous.

Alors que toute la population, à l’exception des profiteurs, s’embarque dans cette lutte pour la restitution du montant, des Petro Challengers, qui représentent le peuple haïtien en passe de payer une lourde tribu, se dévient dans des opérations de monétisation pour assouvir leurs besoins personnels et pour satisfaire des politiciens corrompus et la bourgeoisie mercantile traditionnelle haïtienne.   

Intervenant sur la Radio Scoop FM au cours de la retransmission de l’émission, Ricardo Fleuridor, l’un des représentants de la branche « Nou Pap Konplis », dénonce la manœuvre du secteur économique du pays de faire main mise sur le mouvement. Selon lui, des protagonistes de la bourgeoisie haïtienne s’apprêtent à financer le mouvement pour pouvoir le récupérer plus loin. « Il y a une bataille dans la bourgeoisie pour le contrôle du mouvement », nous dit Ricardo Fleuridor, précisant que l’objectif de son équipe, c’est d’arriver à une justice inclusive pour doter le pays d’un autre système.

Jointe au téléphone aussi, Velina Elysée Charlier, du groupement « Nou Pap Domi », a qualifié Ricardo Fleuridor de menteur. « Fleuridor est un menteur. Il nous menace. Il fait partie des problèmes du pays. C’est quelqu’un qui travaille pour la corruption. Il raconte partout que je reçois des pots de vin », a indiqué Madame Charlier.

Ralph Nicholson Jean, de son côté, nous apprend que beaucoup de Petro Challengers reçoivent de l’argent des politiques et des représentants du secteur économique du pays. C’est ce qui explique, dit-il, l’apparition d’autant de groupements. « Les petro Challengers ont commencé à être soudoyés après la mobilisation du 17 octobre 2018. Certains ont trouvé. D’autres n’en ont pas obtenu », a-t-il expliqué sur les ondes de la Radio.

Si les acteurs ne se ressaisissent pas pour restructurer le mouvement, la montagne risque d’accoucher une souris.

Mozard Lombard,

Communicateur Social,

Journaliste/Rédacteur de la Radio Télé Scoop,

Tél : (509) 3147-1145,

Email : [email protected]

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