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Actualités - février 21, 2020

Scoop édito / Boycottage du carnaval national : La lutte politique est en passe de saboter la tradition historico-ancestrale haïtienne

La culture, au même titre que l’éducation, est politiquement menacée en Haïti. Les militants politiques, en septembre dernier, lors du phénomène de pays lock, avaient bloqué la réouverture de l’école sur quasiment toute l’étendue du territoire national. Ainsi, des écoliers avaient complètement raté le premier trimestre de l’année académique 2019-2020.

Après le blocage du fonctionnement des établissements scolaires pour contraindre le président Jovenel Moise à remettre sa démission, surgit dans le pays le phénomène de kidnapping. Cette nouvelle manifestation qui, depuis son apparition, alarme la population, semble relayée le pays lock. Le kidnapping s’inscrit dans la continuité du pays lock.   

Pendant que la résurgence de la pratique de l’enlèvement continue d’angoisser le peuple haïtien, le carnaval national, la plus grande manifestation culturelle haïtienne, a été pris stratégiquement pour cible. Lundi dernier, des policiers en rébellion ont embrasé presque toutes les installations du Champ de Mars implantées pour la réalisation des festivités carnavalesques fixées pour les 23, 24 et 25 février prochain à Port-au-Prince.

Dans la foulée, mercredi passé, les agents factieux ont incendié trois chars musicaux au Stade Sylvio Cator. Des stands ont été mis en flamme aussi au Cap Haïtien, la cité du roi Henry Christoph, qui célèbre cette année ses 350 ans d’existence.

Le carnaval national est en train d’être politiquement boycotté. Boycotter le carnaval, c’est boycotter la culture haïtienne. La tradition de carnaval en Haïti remonte à l’époque coloniale. L’hypothèse la plus probable laisse croire que le carnaval a été importé en Amérique de par la conquête espagnole au 16e siècle.

Sous sa forme organisée, le premier carnaval haïtien remonte à 1927. Avant cette date et bien avant l’Indépendance, proclamée le 1er Janvier 1804, de grandes festivités avaient eu lieu chaque année dans le pays. La période de ces festivités était un moment de répit pour les grands planteurs et les colons qui appréciaient la dramaturgie locale de leurs talentueux esclaves. Ce sont ces fêtes populaires qui, pendant l’occupation américaine de 1915 à 1934, allaient être baptisées de Carnaval.

Le carnaval en Haïti est une tradition historico-ancestrale. Une tradition est une habitude que l’on répète depuis des décennies, des siècles. C’est une pratique qui relie le passé au présent. La tradition nous rappelle le mode de vie de nos aïeuls. Nous réitérons ce que faisaient nos ancêtres. Nous avons une culture de carnaval. Port-au-Prince, particulièrement, est une ville de carnaval. Elle est connue pour ses festivités carnavalesques.

La culture est l’un des éléments constitutifs de l’identité d’un peuple. Il n’existe pas de peuple sans identité. La bataille politique est en train de saboter la culture haïtienne. La lutte pour le pouvoir est en passe de détériorer la tradition carnavalesque haïtienne. La politique politicienne est sur le point de briser l’identité haïtienne. Nous sommes en train d’abimer pour des raisons essentiellement politiques notre tradition, notre culture et notre identité.

Mozard Lombard,

Éditorialiste de la radio Télé Scoop,

Tél : (509) 3147-1145,

Email : [email protected]  

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