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Mort de Philippe Séguin, incarnation du gaullisme social

Incarnation du gaullisme social, homme du “non” au traité européen de Maastricht, Philippe Séguin s’est éteint jeudi à 66 ans, après une carrière de plus de 40 ans au service d’une certaine idée de la France

Ancien ministre et président de l’Assemblée nationale, le premier président de la Cour des comptes, né en Tunisie en avril 1943, a succombé à une crise cardiaque dans la nuit.

Philippe Séguin “rentrait d’une cure d’amincissement en Tunisie”, a-t-on appris de source gouvernementale. “Il faisait beaucoup le yo-yo avec ses régimes”.

Les hommages ont afflué, de droite comme de gauche, à l’annonce de sa mort pour saluer un “grand serviteur de l’Etat” qui avait “l’étoffe d’un président” mais aussi un “caractère entier” et un homme “tourmenté”.

Amateur de football et de bonne chère, connu pour son franc-parler et sa voix de stentor, Philippe Séguin avait été l’un des artisans de la victoire présidentielle de Jacques Chirac, en 1995.

“La France perd aujourd’hui un homme d’honneur, un homme d’Etat d’une exceptionnelle intelligence”, estime l’ancien chef de l’Etat dans un communiqué.

“Je perds, pour ma part, un ami”, ajoute Jacques Chirac, qui avait nommé Philippe Séguin ministre des Affaires sociales et de l’Emploi dans son gouvernement de cohabitation sous la présidence de François Mitterrand, entre 1986 et 1988. .

Nicolas Sarkozy, qui avait choisi de soutenir l’ancien Premier ministre Edouard Balladur lors de la présidentielle de 1995, a salué en Philippe Séguin un homme qui ne transigeait pas avec ses convictions et une “grande voix” qui manquera à la vie nationale française.

“VOLCANIQUE”, “FIER ET INCLASSABLE”

“Son parcours hors du commun (…) son admiration inconditionnelle pour les idées et l’action du Général de Gaulle avaient fait naître en lui un dévouement de tous les instants, qui n’a jamais été pris en défaut”, écrit le président de la République dans un communiqué.

Philippe Séguin fut une figure tutélaire pour François Fillon lorsqu’il s’engagea en politique dans les années 70.

Très ému, le Premier ministre a rendu hommage à un “ami”, un homme “fier et inclassable”.

“La France perd l’un de ses plus grands serviteurs et l’une de ses plus belles voix politiques. Une voix tonitruante, profonde, toujours féconde, une voix aussi parfois tourmentée”, a ajouté le chef du gouvernement un sanglot dans la voix.

Pupille de la Nation, Philippe Séguin avait gravi une à une les marches vers l’Ecole nationale d’administration (Ena), entrant comme auditeur à la Cour des comptes en 1970.

Après un passage par le cabinet du Premier ministre Raymond Barre, il avait été élu député des Vosges en 1978 puis maire d’Epinal, une fonction qu’il occupa de 1983 à 1997.

En 1992, à rebours de son parti, le RPR, il s’était engagé pour le “non” au traité de Maastricht qui a créé l’euro. Il avait alors accepté de débattre face au président socialiste François Mitterrand, partisan du “oui” lors d’un face-à-face télévisé entré dans la légende politique française.

Celui qui se décrivait comme un tempérament “volcanique” était depuis 2004 premier président de la Cour des comptes, où il poursuivait sa croisade contre les déficits.

Son mandat devait arriver à échéance en 2012.

“Si, un jour, il pouvait apparaître aux yeux du chef de l’Etat que je peux être plus utile ailleurs, il sera toujours temps de voir”, confiait-il en avril dernier à L’Express.

“RESPECTÉ AU-DELÀ DE SON CAMP”

Dans un communiqué, la Cour des comptes a précisé jeudi que l’intérim était assuré par Alain Pichon, doyen des présidents de chambre de la Cour.

“C’était une personnalité forte, complexe, capable de résister, capable de dire non. Il y avait chez lui une certaine idée de la France”, a salué sur I>Télé Jean-Louis Debré, président du Conseil constitutionnel.

“Si les circonstances s’y étaient prêtées, cela aurait certainement fait un excellent Premier ministre et il avait l’étoffe d’un président”, a estimé l’ancien ministre de l’Intérieur Charles Pasqua sur LCI.

En 1981, Philippe Séguin avait voté l’abolition de la peine de mort, promesse de campagne présidentielle de François Mitterrand.

“C’était un républicain respecté bien au-delà de son camp”, a déclaré le premier secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, qui salue la mémoire d’un “homme chaleureux”.

Le réalisateur Serge Moati, qui avait grandi à Tunis avec Philippe Séguin, a confié avoir perdu un “grand frère”.

“C’était un homme tendre, un homme fort, un homme courageux, un homme droit (…) Il aurait été un formidable président de la République”, a-t-il raconté sur France Inter.

REUTERS

 

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