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Actualités - août 6, 2013

Lettre de Mirlande Manigat à la nation

Un vent mauvais souffle sur le Pouvoir Exécutif, un des piliers pourtant respectables

mais actuellement dévoyé de l’Etat.

La nation subit, avec consternation et impuissance,

les effets corrosifs de la vulgarité et de l’indécence, la banalisation bambocharde de la

chose publique, l’irresponsabilité érigée en méthode de gestion, et elle se demande si

les effluves éthyliques ou provenant d’autres substances nocives ne propageraient pas

des miasmes susceptibles de s’étendre, pour les corrompre, aux autres institutions de

l’Etat.

Un vent mauvais souffle sur le Pouvoir Exécutif, sinon on ne saurait comprendre

pourquoi, en plein débordement “caravacheur“, Michel Martelly m’a envoyé ce message

ahurissant, sans ambigüité, quant à ma prétendue intention de préparer un coup d’état

contre lui. L’affaire aurait pu provoquer une hilarité générale, mais il s’agit de prendre

ces propos insensés au sérieux et les placer sur une échelle d’escalade dont les étapes

sont encore inconnues, mais elles sont chargées de virtualités menaçantes.

Cette attaque frontale me vise directement même s’il n’a pas prononcé mon nom et je

me demande pourquoi: une dame, ancienne première dame dont le mari a été

président et qui a subi un coup d’état…On ne saurait être plus clair. Elle vise aussi le

parti dont j’ai l’honneur de présider aux destinées comme Secrétaire Générale, mes

collaborateurs immédiats ainsi que les dirigeants de partis avec lesquels nous sommes

en train de construire une opposition crédible, sérieuse; car nous représentons

l’alternative. Le RDNP a déjà répondu à une telle vilenie. Je remercie les militants de

partout, en Haiti et à l’étranger qui m’ont témoigné leur solidarité et leur confiance.

J’adresse aussi ma gratitude aux membres des partis solidaires, à la presse, aux

institutions de la société civile, aux parlementaires, même aux citoyens proches du

pouvoir en place, mais gagnés par l’écoeurement ou animés de la volonté de quitter le

navire en perdition sur la pointe des pieds. Enfin, à tous ceux qui ont tenu à s’exprimer

publiquement ou en privé pour critiquer vertement cette accusation farfelue mais

marquée au coin de la plus évidente iniquité, je dis merci.

En fait, qu’est-ce qui a fait sauter Michel Martelly comme un cabrit en furie ? Un coup

d’état en gestation ? Mais n’avait-il pas déclaré, avec un peu de cabotinage imprudent,

qu’il était à l’abri d’une telle mésaventure car il était protégé par les troupes de la

MINUSTAH? Il faut croire que mes amis et moi nous disposerions de moyens militaires

et logistiques capables de vaincre les unités onusiennes. C’est le cas de le dire: Soyons

sérieux!

Michel Martelly perd le sommeil, semble-t-il car, malgré ses rodomontades, ses

programmes qui exploitent la misère populaire sous le prétexte démagogique de

l’altérer, il sait bien que le pouvoir qui lui a été octroyé dans des conditions que l’on sait,

vacille sur ses bases et qu’il ne contrôle pas ce corps complexe que l’on appelle l’Etat.

Mais par arrogance, il en a le sentiment mais pas l’intelligence de concevoir une parade

efficace. Car Michel Martelly n’est pas à la place qui convient à son tempérament, à ses

habitudes. Aussi, vogue-t-il de bêtise en faute et cette saga n’est pas terminée.

Je ne préside aucune tentative de coup d’état, et je me demande où se trouvait Michel

Martelly en 1991 et en 2004…Mais je me place résolument contre un régime qui

dilapide les fonds publics, ne respecte pas les règles les plus élémentaires de la

convenance publique et de la gestion de l’Etat. Michel Martelly fait face à des

problèmes naturels ou qu’il suscite lui-même, en pyromane plus qu’en pompier, mais au

lieu de s’efforcer de les résoudre, il enfonce le pays dans une course vers l’abime.

Les élections ? Ben voyons, il n’y a qu’à les réaliser selon la loi de 2008! Apparemment

aucun de ses super conseillers ne lui a soufflé que cette loi avait été amendée en 2010,

qu’elle ne tient pas compte de la Constitution elle-même maladroitement amendée,

comme par exemple le quota de 30% en faveur des femmes. Mais les Article 231, et

232 servent ses desseins, en fait, un coup d’état programmé contre le Parlement, en

janvier 2014. Ce qu’il y a d’intéressant avec Martelly c’est qu’il “annonce la couleur” et

il suffit d’écouter ses élucubrations pour savoir ce qu’il prépare. Il est probablement

madré, mais il ne démontre pas d’intelligence politique et on se demande combien de

ses collaborateurs, qui n’osent pas le contredire, se rendent compte qu’il les entraine

dans sa chute. C’est le cas de leur dire: Reveillez-vous avant qu’il ne soit trop tard…

Peuple Haitien,

Nous du RDNP, nous n’avons pas peur. Martelly dispose de divers instruments de la

Puissance Publique, de certains éléments de l’Administration alors que nous savons

que la grogne encore passive gagne plusieurs secteurs.

Je le dis avec calme et sérénité: Moi, je n’ai pas peur. Je sais que la politique telle

qu’elle se pratique, réserve des dangers et je sais que n’importe quoi peut m’arriver;

de vulgaires tracasseries à des actes contre ma personne ou celle de mes amis. J’ai

confiance en la protection divine en tant que chrétienne. Et je crois en la perspicacité de

la nation, ce qui ne m’empêche pas d’etre vigilante. J’en appelle à mes compatriotes:

quelque soit ce qui m’arrive, ne cherchez pas les coupables. Cette attaque est un acte

avant-coureur d’autres plus dommageables à venir. Le combat que je mène comporte

des risques face à un personnage qui ne respecte rien.

Un vent mauvais souffle sur l’Etat…

Il n’est pas vrai qu’un peuple a le gouvernement qu’il mérite. Le pays a eu la malchance

de se voir imposer Michel Martelly. Mais aucun madichon n’est définitif. A nous,

patriotes qui travaillons pour l’établissement de l’état de droit, base de la démocratie, de

la morale en politique, de l’honnêteté et de l’efficacité dans la gestion des affaires de

l’Etat, de faire en sorte que cette parodie de pouvoir s’achève dans les plus brefs délais.

Point n’est besoin d’un coup d’état: ce pouvoir s’effondrera de lui-même.

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