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HAITI / GOUVERNANCE – BILAN 2 ans de Gouvernance : Le Président Martelly a-t-il fait de son mieux ?

Michel-Martelly1Nous sommes en droit de demander des comptes au Président Joseph Michel Martelly et de savoir dans les faits s’il a effectivement fait de son mieux pour répondre aux demandes de gouvernance des Populations haïtiennes au regard de ses responsabilités constitutionnelles et en conformité avec son Programme gouvernemental ainsi que  ses promesses électorales. Nous vous faisons grâce de retracer les circonstances historiques  exactes et particulières  ayant favorisé la victoire de Tet Kale aux élections présidentielles de 2011.

Les choses étant ce qu’elles sont, Joseph Michel Martelly est bel et bien le Président de la République d’Haïti depuis deux (2) ans, co-dépositaire avec les Députés et Sénateurs de la Souveraineté nationale. A ce titre, il serait utile de faire le bilan des deux (2) années qu’il a passées à la tête du pays en relation avec les cinq (5) E de son Programme gouvernemental et ses promesses électorales.

Qu’est-ce que le Régime Tet Kale a réalisé ou accompli pendant les deux (2) dernières années au bénéfice de la Collectivité ? Dans quelles proportions le Président Martelly a-t-il respecté ses engagements électoraux au regard  des fameux cinq (5) E du Programme gouvernemental ? Aurait-il pu mieux faire ? En avait-il les moyens ? Quelles ont été les contraintes ? Ses adversaires et opposants politiques, les Puissances tutrices d’Haïti et les Institutions Financières Internationales (IFI)  lui ont-ils facilité la tâche ou mis les bâtons dans les roues ?

  1. Education

Le crédit doit être accordé à Sweet Micky devenu Président d’Haïti d’être le premier Chef d’Etat haïtien à aborder la problématique de l’Education en identifiant des sources de revenus sûrs pour rendre la scolarisation universelle exigée par la Constitution une réalité pérenne et durable. S’agissant des chiffres communiqués par le Régime Tet Kale pour montrer le succès du Programme de Scolarisation Universelle Gratuite et Obligatoire (PSUGO), les analystes et observateurs sont d’avis que ceux-ci prêtent à caution en raison précisément de la très peu de transparence observée dans la mise en œuvre dudit Programme et l’inexistence d’un cadre légal.

La corruption aurait même déjà miné le PSUGO, en témoignent plus de mille (1,000) écoles–bidons ayant largement bénéficié du PSUGO sans en être  vraiment qualifiées. La Nation haïtienne n’a jusqu’ici, soit deux ans après,  aucune idée du montant des fonds collectés à partir des appels internationaux et des transferts d’argent faits par la Diaspora vers Haïti pour alimenter le Fonds National de l’Education(FNE). Le Projet de Loi préparé par l’Exécutif, à cet égard, dort toujours dans les tiroirs du Parlement. Qui en est véritablement responsable entre l’Exécutif et le Législatif de ce vide législatif ? Au-delà des aspects financiers et du cadre législatif inexistant, le PSUGO en lui-même ne semble pas tenir compte des problèmes de l’école haïtienne en termes qualitatifs et de curriculum unique pour éliminer définitivement cette affaire d’écoles à plusieurs vitesses. Et également le choix du créole comme langue d’apprentissage. On ne sait toujours pas le nombre d’écoles construites et de professeurs formés dans le cadre du PSUGO alors que plus de  750,000 enfants haïtiens âgés entre 5 et 15 ans ne sont jamais allés à l’école. La problématique de l’éducation en Haïti ne saurait être du ressort exclusif de Joseph Michel Martelly, qu’il soit Président ou pas. Celle –ci s’inscrirait dans une logique consensuelle en prenant en compte  la Famille haïtienne pour mieux asseoir le nouveau citoyen haïtien du 21e siècle face aux  nouveaux défis et aux nouvelles menaces.

  1. Énergie

Dans ce secteur hautement stratégique et vital, ce serait toutes proportions gardées  le statu quo ante. Certainement, nomination d’un Ministre de l’Énergie en la personne de René Jean Jumeau a été faite mais le problème  de l’électrification d’Haïti  demeure entier, se plaignent à raison les ménages et les petites/moyennes entreprises. De Colloques en Fora en passant par le limogeage de Cadres supérieurs de l’entreprise publique (ED’H) pour arriver aux Fournisseurs privés de l’ED’H (SOGENER, E-POWER, HAYTRAC…) et aux subventions scandaleuses de l’Etat sans oublier l’implication intéressée de la Communauté internationale, aucune réflexion globale et profonde n’a été faite à proprement parler sur les Énergies alternatives (éolienne, solaire…) à partir d’un Plan de développement économique et social axé sur une Vision claire de l’avenir. Les efforts sont certes visibles mais peu convaincants, s’accordent les analystes.

  1. Emploi

Comment l’économie haïtienne s’est-elle comportée au cours des deux (2) dernières années ? Combien d’emplois     le Gouvernement a-t-il créé effectivement et dans quels secteurs ? Le slogan ‘’ Haïti is opened for business’’ a-t-il  entrainé des Investissements étrangers directs ? En tout cas, la faim et la vie chère continuent à tenailler la majorité des populations haïtiennes. Deux Hôtels de classe, Royal Oasis et Best Western Premier, sont opérationnels à Pétion-Ville et le Parc industriel de Caracol a ouvert ses portes à la sous-traitance. Le Régime Tet Kale  quant à lui claironne la création de plus de 400,000 emplois sans donner de détails. La pression fiscale, qualifiée par l’économiste haïtien Eddy Labossiere de ‘’répression fiscale’’,  a été très forte.

Les fonds de Petrocaribe ont été salutaires pour le Président Martelly malgré la très peu de transparence constatée dans leur utilisation, n’en déplaise au Parlement. Les nombreux voyages présidentiels au même titre que les Programmes sociaux pilotés par la Première Dame Sophia Martelly et les Initiatives d’Olivier Martelly en infrastructure sportive sans oublier les révélations de l’ex Conseiller présidentiel et cousin du Chef de l’Etat Richard Morse, ont soulevé de sérieuses appréhensions de corruption au sein de la famille présidentielle, telle serait la perception générale. L’inflation a pu, autant que faire se peut, être contrôlée sans une trop grande dépréciation de la gourde par rapport au dollar. Tout compte fait, le pays n’a jamais été  aussi dépendant des Etats-Unis d’Amérique, du Canada, de la France par extension l’Union Européenne, des Institutions financières Internationales (IFI) sur les plans politique, économique et financier. Le Venezuela du feu Président Hugo Chavez au premier chef, suivi de Cuba, Brésil, Equateur, Argentine, Chili, Nicaragua, Bolivie ont coopéré avec Haïti en respectant la dignité et souveraineté d’Haïti, le moins qu’on puisse dire.

Environnement

Haïti a moins de 2% de couverture forestière qui est aggravée par une érosion plus que galopante. L’Etat se révèle incapable de maitriser les bassins versants et le problème des constructions anarchiques créant ainsi des établissements humains informels (bidonvilles) hautement vulnérables et particulièrement exposés aux catastrophes et désastres naturels tant en milieu urbain que rural. Qu’est-ce qui a été fait concrètement  pendant les deux ans de la Présidence de Martelly pour protéger tout au moins les populations haïtiennes contre  ces menaces réelles ? On en parle très fort pour agir après coup même si des mesures conservatoires ont été adoptées pour limiter les dégâts, doit-on reconnaitre. Le ramassage des ordures, fatras et déchets dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince et dans les grandes villes a connu un dynamisme relatif. La grande campagne nationale de reboisement n’a pas eu lieu malheureusement.

  1. Etat de droit

Le Président Martelly et son Équipe ont marqué des points et  fait de nombreux efforts non sans casse dans la mise en place des Institutions prévues par la Constitution 87 amendée. Il y a lieu de citer la nomination de Juges pour compléter et rendre opérationnelle la Cour de Cassation, le Conseil Supérieur du Pouvoir Judicaire,  le CTCEP (Collège Transitoire du Conseil Electoral Permanent) un raccourci du CEP (Conseil Électoral Permanent). L’arrestation du Député de Delmas/Tabarre Arnel Bélizaire, les engueulades contre des journalistes, son manque d’esprit d’ouverture, ses écarts de langage voire quelquefois, sa résistance à jouer le jeu institutionnel avec le Pouvoir Législatif dans le respect de la Constitution, sa diplomatie osée et imprévisible, ont parfois donné des sueurs froides aux Démocrates convaincus même si globalement le respect des droits politiques, économiques et sociaux du Peuple haïtien constitue la préoccupation du Chef de l’Etat, admet –on.

Quelle note à accorder au Président Joseph Michel Martelly après deux (2) ans passés à la tête du pays  au regard de son ‘’Programme des 5 E’’ et de ses nombreuses promesses électorales ? La réalité saute aux yeux ! Le Leader de la Nation en ce qui le concerne croit que ‘’ Haïti ap vanse’’, autrement dit Haïti bougerait dans la bonne direction. Quel que soit le cas de figure, la réalisation en temps et lieu, au mieux à la fin de 2013 ou au pire en 2014, des Sénatoriales  partielles et des Elections municipales auront sans aucun doute à déterminer le succès ou l’échec du Président Joseph Michel Martelly.

Jean Frantz LASERRE

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