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Haïti / Appui au retour dans les quartiers et restructuration urbaine

Ainsi a été libellé l’exposé de Gwendoline Menetrier, Coordonatrice d’ONU-Habitat en Haïti à la journée sur la Dynamique de la population et Aménagement du territoire, organisée par l’UNFPA, le Fonds des Nations Unies pour la Population, à Port-au-Prince, le 28 octobre dernier. ONU-Habitat  se fixe pour ambition de faciliter à tout être humain l’accès à un toit et aux services sociaux de base.

D’entrée de jeu, elle avait circonscrit la portée de son intervention qui consistait à démontrer que la stratégie d’appui au  retour dans les quartiers d’origine peut permettre d’initier un certain nombre d’exercices de restructuration urbaine et d’amélioration des conditions de vie.

Une fois cet objectif fixé et partagé avec l’assistance, la responsable de ONU-Habitat a tenté de présenter les caractéristiques des quartiers dont il est question, quartiers dits informels, selon le terme consacré par l’urbanisme.

Dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, ils représentent 20 pour cent de l’espace ; une pauvreté extrême y sévit ; ils sont exposés aux risques naturels et coupés de la trame urbaine formelle. Elle a cité à titre d’exemple Delmas 32 où grouillent des dizaines de milliers de gens, la plupart dans une grande précarité dans un espace ne disposant que d’une seule voie de pénétration.

Par contre, a-t-elle fait relevé, les communautés de ces quartiers sont, pour la plupart, extrêmement bien organisés pour avoir tenté et réussi à faire en sorte que certains services puissent y être disponibles. Ce point fort des quartiers peut être d’un grand concours à la reconstruction, estime Mme Ménétrier qui a expliqué que 80 pour cent de la population de la région métropolitaine de Port-au-Prince vivent dans ces quartiers informels. Ce qui traduit fort bien le niveau de concentration de la population dans ces unités spéciales.

Selon une enquête réalisée par l’UNFPA en octobre 2010, plus de 80 pour cent des sinistrés/es du séisme du 12 janvier ne souhaitent pas s’installer hors de ces quartiers,  leurs lieux de résidence avant la catastrophe. Tenant compte de ce fait, ONU-Habitat et certains de ses partenaires travaillent sur une stratégie de retour des gens dans ces zones.

Cette stratégie table, entre autres, sur l’évaluation de la sécurité des bâtiments, l’enlèvement des débris, la fourniture d’abris transitionnels, la réduction des risques d’éboulement avec l’élévation de murs de soutènement, le curage des canaux.

L’un des axes fondamentaux de cette stratégie est baptisé : Enumération participative. Elle consiste, tout d’abord, à identifier les statuts d’occupations des terrains et les moyens  pouvant garantir la sécurité foncière ; identifier les disputes potentielles  de même que les mécanismes de résolution de conflits liés au droit d’occupation des terrains.

A en croire Gwendoline Menetrier, ce pilier de la stratégie peut également aider à  l’amélioration des relations entres les communautés et les municipalités ; fournir des informations clés pour une planification urbaine ; devenir une alternative au déguerpissement sans conditions tout comme il peut être d’un appui au système cadastral, considérant  l’information qui sera recueillie sur la tenure foncière. Ainsi, l’Enumération participative, peut être considérée comme une grande opportunité à la restructuration des quartiers informels, a laissé comprendre la responsable de ONU-Habitat.

Lors de son intervention, elle a posé la problématique des centres urbains, en s’arrêtant davantage sur le cas de la capitale haïtienne. Ces centres urbains font face à des problèmes énormes en matière de mobilité (circulation piétonne et/ou des véhicules), de drainage et de la fourniture d’eau, entre autres.

En ce qui a trait à Port-au-Prince, Menetrier a fait part des propositions faites en juillet dernier lors d’une rencontre organisée à Porto-Rico, entre urbanistes haïtiens et étrangers. L’une des propositions faite à l’occasion portait sur une reconfiguration de centre urbain à travers le développement de plusieurs pôles d’activités. Ainsi, l’agglomération de Port-au-Prince pourrait devenir polycentrique. La proposition table sur le développement de six pôles : le pôle Centre (l’actuel centre de Port-au-Prince), les pôles Pétion-Ville, Croix-des-Bouquets, Carrefour, le pole Nord (à l’entrée nord de la capitale) et le pôle Aéroport (Route de l’Aéroport, SONAPI, et les zones proches).

 

 

 

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