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Actualités - novembre 25, 2010

Haïti-Elections-Jour. J-3 : Les irrégularités persistantes auront des conséquences sur le vote de la population, selon la Société civile

Plusieurs organismes de la Société civile dont le Conseil national d’observation (CNO), le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), l’Initiative de la Société civile (ISC), et le Conseil Haïtien des acteurs non étatiques (CONHANE) formulent des critiques et des recommandations concernant la réalisation des élections du 28 novembre 2010. Ces organismes qui continuent de dénoncer les irrégularités persistantes qui pourraient avoir des conséquences sur le vote de la population, s’apprêtent à déployer près de 6,000 observateurs dans les centres de vote.

Dans un document, ces organismes ont estimé que si, jusqu’ici, le Conseil électoral provisoire a respecté les grandes étapes du processus, cependant un bon nombre de problèmes liés au processus demeurent sans solutions.

‘’De sérieux doutes persistent sur la fiabilité des listes électorales’’, lit-on dans le document.

Pour preuves, le document relate par exemple la mise à l’ écart par le CEP de l’Office national d’identification (ONI) dans le processus des demandes de transfert d’un bureau de vote à l’autre, qui normalement est de la compétence de l’ONI ; la constitution par le CEP d’une base de données spéciale mise en œuvre par les centres d’opération et de vérifications (COV) ; l’acceptation, sans justification,  par le CEP, après la date réglementaire, d’une liste de 35,000 potentiels électeurs communiquée par l’ONI et la différence de 71,030 électeurs qui existe les listes électorales affichées par le CEP et celles de l’Office nationale d’identification.

Le directeur exécutif du CNO, Noël Laguerre,  invite les instances concernées à se pencher au plus vite sur ces problèmes afin d’éviter tout dérapage le jour du scrutin. S’agissant du financement de la campagne électorale, M. Laguerre  a estimé que cette question aurait du être contrôlée par le CEP.

De son côté, le directeur exécutif de l’Initiative de la société civile, a dénoncé énergiquement les irrégularités observées dans la base des données électorales et une inadéquation entre les listes électorales homologuées par le CEP et celles de l’Office nationale d’identification.  Le professeur Rosny Desroches qui entreverrait un plan partisan à travers un tel constat, ne doute pas que cela aura de fortes conséquences sur le vote de la population.  

Le numéro un du Conseil Haïtien des Etats, CONHANE, a, pour sa part, dénoncé le non respect des procédures dans le recrutement des Membres de Bureau de Vote (MBV) et des superviseurs électoraux.

Par ailleurs, la porte-parole du Réseau national de défense des droits humains a qualifié de complice le silence de la police nationale d’Haïti et de la justice face aux actes d’intimidations, de manifestations et d’assassinats enregistrés quelques jours avant le scrutin. ‘’Dans la plupart de ces cas, des candidats proches du Pouvoir en place sont pointés du doigt.’’

Selon Marie Yolene Gilles, ce mutisme de la PNH s’apparente en tout point à une action bien planifiée.

Deux autres entités, le Centre d’Education, de Recherches et d’Actions en Sciences Sociales et Pénales (CERESS) et Mouvman Fanm Aktif Kafou (MOFKA), ont signé ce document dans lequel les organismes signataires recommandent :

Au Gouvernement, d’assumer ses responsabilités régaliennes telles qu’elles sont fixées par la Constitution Haïtienne de 1987 et les Lois de la République, c’est-à-dire, de garantir la sécurité de toute personne évoluant sur le territoire national et de maintenir la paix publique, avant, pendant et après les élections ;

Aux candidats, à quelque parti qu’ils appartiennent, de renoncer à la violence ;

Que la Loi électorale soit scrupuleusement respectée à toutes les étapes du processus électoral et en particulier que les superviseurs de centres et les membres des bureaux de vote illégalement nommes soient écartes avant la tenue des élections.

Au CEP d’organiser, dans l’esprit de l’article 26 de la Loi électorale, avant le jour du scrutin, une séance spéciale de vérification du registre électoral, au cours de laquelle des observateurs et des représentants de partis politiques, avec le concours d’experts en informatique, pourraient s’assurer qu’aucun biais n’ait été introduit dans la préparation des listes électorales ;

Enfin, ils enjoignent le CEP à mettre à la disposition des observateurs et des partis politiques le « Manuel de Procédures » du Centre de Tabulation afin de bien informer tous les acteurs des dispositions prévues dans chaque situation et d’éviter une répétition de cette fameuse mise en quarantaine de votes qui a entaché les élections sénatoriales de 2009 ; et invitent la population à ne pas se laisser intimider par les actes de violence mais à se rendre massivement aux urnes pour accomplir leurs devoirs civiques et défendre leurs droits politiques.

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