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Actualités - mai 25, 2020

Scoop édito : Le président Jovenel Moise doit-il partir le 7 février 2021 ?

La date de départ du président de la République suscite des polémiques ces derniers jours au sein de la classe politique haïtienne. Si pour certains acteurs le quinquennat du chef de l’État arrivera à terme le 7 février 2022 ; pour d’autres, Jovenel Moise doit tirer sa révérence un an plus tôt, soit le 7 février 2021.

Semaine dernière, le directeur exécutif de l’Initiative de la Société Civile (ISC), Rosny Desroches, s’est fait déverser une épithète d’injures pour avoir déclaré que le mandat de Jovenel Moise prendra fin le 7 février 2022.

Cette semaine les polémiques s’intensifient sur la toile et dans les médias électroniques. Au même titre que beaucoup d’autres acteurs, le jeune politicien haïtien, Pascal Adrien, que le grand public avait découvert, lors de la publication de son ouvrage, Toutouni, rédigé avec son compagnon de lutte, Jorchemy Jean Baptiste, croit que le locataire du palais national, entré en fonction en 2017, doit plier bagage le 7 février 2021.

Pascal Adrien soutient le départ du chef de l’État pour le 7 février 2021 parce que, dit-il, depuis le 7 février 2016 son mandat était censé commencé, tenant compte du processus électoral.

Joint au téléphone à l’émission Haïti débat du lundi 25 mai en cours,  le coauteur de Toutouni, publié à la suite du renvoi du notaire Jean Henry Céant du sommet de la primature par les députés de la Chambre Basse en mars 2019, demande à tous les protagonistes d’anticiper le mode de gouvernance du pays après l’écoulement de cette date butoir du 7 février 2021. Ainsi, il suggère aux différents acteurs qui agissent sur le paysage politique haïtien de commencer à trouver, en attendant le jour J, un grand accord.

Le mandat du président Jovenel Moise, comme avancent Pascal Adrien et d’autres figures de l’univers politique haïtien, prendra-t-il fin pour de vrai le 7 février 2021 ?

Si on se base sur un calendrier électoral national stable, de 1990 à nos jours, le pays aurait dû connaitre six (6) chefs de l’État élus au suffrage universel direct, à raison de cinq (5) ans par président. À ce moment-là, Ertha Pascal-Trouillot, Alexandre Boniface, Jocelerme Privert, n’auraient jamais été président d’Haïti.

Jovenel Moise peut-il débuter son quinquennat en 2016 sous la présidence de Jocelerme Privert mandaté par le parlement haïtien d’organiser l’élection présidentielle pour éviter un vide institutionnel après le départ de Joseph Michel Martelly de la tête du pays  en vue de désigner démocratiquement son successeur ?

La thèse du processus électoral brandie par des acteurs ne tient pas debout, sinon une stratégie pour se débarrasser au plus vite de Monsieur Moise, le président haïtien le plus impopulaire depuis ces trente dernières années.

Si Jovenel Moise ne doit pas partir juste pour respecter le processus électoral qui n’a jamais été le centre d’intérêts des acteurs, au regard de la situation actuelle du pays, dans ce contexte de la crise sanitaire mondiale liée au coronavirus, et de l’incapacité de son administration à redresser la barque de la nation, a-t-il encore sa place au palais national ?

Mozard Lombard,

Éditorialiste de la Radio Télé Scoop,

Tél : (509) 3147-1145,

Email : [email protected]

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