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Haïti/Crise UEH : Le Comité de Facilitation présente son rapport

Le comité de Facilitation créé par le Chef de l’Etat chargé de faciliter la normalisation de la situation à l’Université d’Etat d’Haïti  annonce avoir soumis, le 27 octobre 2009, son rapport de travail au Président René Préval, moins de quatre jours après la fin de son mandat. Dans ce rapport articulé autour 7 points, le Comité a notamment recommandé la réouverture de la Faculté de Médecine et de Pharmacie et la consolidation de cette réouverture.

Le rapport in extenso.

Le Comité de Facilitation sur la crise à l’Université informe le public en général et la communauté universitaire en particulier qu’en date du 27 octobre 2009, il a remis son rapport de travail au Président de la République, René Préval.

Formé en date du 23 septembre 2009 avec pour mission de contribuer à une reprise harmonieuse du fonctionnement de l’Université, le Comité de sept membres s’est réuni à plusieurs reprises avec les autorités de l’Université, Conseil de l’Université, Décanats, Chefs de départements de différentes Facultés, tout comme il s’est entretenu avec des délégations d’étudiants et avec certains professeurs pour cerner la crise et chercher les appuis nécessaires en vue de sa résolution.

Le Comité de Facilitation, grâce à ces rencontres où il a pu recueillir les points de vue et doléances de toutes les parties, a été en mesure d’évaluer les problèmes de l’Université d’État d’Haïti qui n’est pas épargnée par les multiples symptômes qui affectent la vie de notre société. Notre Université est touchée par un ensemble d’insuffisances et de carences inhérentes à la réalité de l’État haïtien et de ses faiblesses, qui alimentent les principales revendications académiques des étudiants. Les Pouvoirs publics devront prendre en compte ces revendications pour une intervention échelonnée sur le court, moyen et le long terme.
Le Comité de Facilitation, tout au cours de sa mission, a tenu à préserver et à respecter le caractère autonome des organes de l’Université d’État d’Haïti et la plupart des recommandations produites dans son rapport au Président de la République ont associé les autorités universitaires issues de processus démocratique impliquant l’ensemble des acteurs de l’Université.
Le Comité de Facilitation a fait sept recommandations pour favoriser un dégel et une reprise acceptable de la vie à l’Université et particulièrement à la Faculté de Médecine et de Pharmacie, nœud gordien de la crise. Le Comité de Facilitation a recommandé :
1-Réouverture de la FMP et la consolidation de cette réouverture.
2-Réaffirmation du principe de l’autonomie de l’UEH avec ses attributs.
3-Création dans l’immédiat d’une commission de vérité par le Conseil de l’UEH.
4-Création d’une Commission de discipline Ad Hoc et de vérification des sanctions.
5-Accélération et renforcement de la Commission de Réforme de l’Université et allocation de moyens.
6-Effort soutenu pour la création d’un médium de communication.
7-Allocation de ressources financières significatives par l’État à L’UEH.
Toutes ces propositions tiennent compte de la réalité des problèmes qui traversent l’Université pour la sortir d’une situation de dysfonctionnement dû à un ensemble de blocages issus de l’absence de communication et de la perte de confiance. Les sept propositions faites par le Comité de Facilitation considèrent les intérêts tant des étudiants que des dirigeants des différentes instances de l’UEH et visent à préserver l’harmonie indispensable à une reprise de son fonctionnement.
Le Comité de Facilitation remercie toutes les parties qui ont bien voulu travailler avec lui, il souhaite que ses recommandations puissent être évaluées, considérées et mises à profit en vue d’une relance des activités dans toutes les entités de l’Université d’État. Il émet le vœu que l’État assume ses responsabilités en tenant ses promesses de mettre de façon régulière et institutionnelle des ressources suffisantes à la disposition de l’Université d’État d’Haïti pour qu’elle puisse fournir aux étudiants un enseignement de qualité et les services essentiels à leur formation et à leur épanouissement au bénéfice de la nation.
Pour le Comité
Hérold Jean-François
Porte-parole

 

DISPOSITIFS DE DÉGEL

 

Nécessité de mettre du concret sur la table.

Chargé de garantir le respect de la loi et de la paix publique, le Président de la République, S.E. Monsieur René G. Préval, après évaluation des débordements de la crise au sein de la Faculté de Médecine et de Pharmacie (FMP) où les interlocuteurs n’ont pu mettre un terme à leur désaccord interne, a cru bon de mandater un Comité devant assurer le dialogue entre les acteurs concernés afin d’identifier des pistes susceptibles d’orienter l’UEH et les institutions liées vers une issue satisfaisante. Le comité s’est mis au travail dès le 23 septembre et a pu rencontrer différents acteurs clés dans un souci de favoriser un dégel graduel de la crise.

Ce rapport présente les témoignages recueillis jusqu’ici. Il apprécie et interprète les données pour mieux cerner les enjeux qui sous-tendent la crise afin de dégager des perspectives pertinentes pour un dénouement harmonieux. Les informations recueillies et les différents documents consultés nous ont permis de mesurer l’ampleur du problème.
Il faudrait travailler rapidement sur le possible qui permet d’avancer et de sortir de cette impasse et porter au fur et à mesure des actions qui fourniraient des solutions de plus longue portée à cette crise qui est celle de l’Université d’Etat d’Haïti (UEH) dans son ensemble.
La proposition retenue s’articule autour des points suivants :
1.    Réouverture de la FMP et consolidation effective de cette réouverture.
2.    Réaffirmation du principe de l’autonomie de l’UEH avec ses attributs.
3.    Création dans l’immédiat d’une commission de vérité par le Conseil de l’UEH.
4.    Création d’une commission de discipline AD HOC et de vérification des sanctions.
5.    Accélération  et renforcement de la commission de réforme de l’université et allocation de moyens.
6.    Effort soutenu pour la création d’un médium de communication.
7.   Allocation de ressources financières significatives par l’Etat à l’UEH.

I.- REOUVERTURE DE LA FMP ET CONSOLIDATION EFFECTIVE DE CETTE REOUVERTURE


La réouverture de la Faculté de Médecine et de Pharmacie se révèle être un incontournable dans la voie qui doit mener à un dégel de la situation et commencer à apporter un début de solution à la crise. Nous suggérerions une reprise progressive des activités de la FMP commençant par la reprise des activités administratives, la planification des concours d’admission, l’organisation des stages des finissants et une rentrée par département. Afin de s’assurer que les facteurs instigateurs de cette crise soient bel et bien aplanis il serait séant d’organiser des espaces de discussion et de débats au sein de la faculté parallèlement à cette rentrée progressive.

II.- REAFFIRMATION DU PRINCIPE DE L’AUTONOMIE DE L’UEH AVEC SES ATTRIBUTS


En absence d’une loi cadre  régissant la question universitaire, la communauté universitaire après une longue période de combats est parvenue aux acquis qui aujourd’hui conditionnent son fonctionnement et lui assurent un caractère autonome. L’ensemble de ses règles généralement admises se retrouve dans les dispositions transitoires qui précisent le modèle de fonctionnement de l’UEH. Un conseil de l’UEH de 33 membres (1 professeur, 1 représentant du décanat, 1 représentant du comité des étudiants et ce pour chacune des 11 entités de l’Université) en plus du recteur et des deux vice-recteurs, un conseil exécutif, sont élus pour prendre des décisions et les appliquer sur les questions universitaires. Ce sont des acquis chèrement obtenus ; aussi il nous parait impérieux de les préserver.
Dans cet esprit, nous ne saurions que trop recommander que le rectorat et le décanat terminent leur mandat. Ils ont été élus et, suivant le principe du respect du mandat alloué, ils se doivent d’exécuter ce mandat dans son intégralité. Y mettre un terme par décision présidentielle ou sous une forme non prévue par les dispositions transitoires serait un précédent ouvrant la porte à toute forme d’ingérence remettant en cause l’autonomie même de l’Université.

III.-CRÉATION DANS L’IMMEDIAT D’UNE COMMISION DE VÉRITË PAR LE CONSEIL DE L’UNIVERSITË D’ÉTAT D’HAÏTI


Les allégations d’ostracisme et de traitement discriminatoire basés sur les questions d’origine sociale ou de degré de fortune font dériver les questions fondamentales de la crise universitaire sur des terrains très éloignés de la compétence universitaire.
Aussi pour éviter tout comportement dilatoire et enlever ce paramètre de l’équation il serait opportun que le conseil de l’UEH mette sur pied une commission de vérité chargée d’enquêter et de faire la lumière sur ces allégations.
Cette commission, pour avoir le crédit des différentes parties en question, devrait être composée de personnalités de l’Université, du conseil et de personnalités en dehors des parties en crise afin de garder un caractère non partisan aux conclusions issues des travaux de cette commission.

IV.- COMMISSION AD HOC DE DISCIPLINE ET DE VÉRIFICATION DES SANCTIONS


La situation particulière de cette crise au sein même de la question universitaire la rend très délicate et peut à tout moment dégénérer sur une situation explosive débordant le cadre universitaire et mettre en question la capacité ou la volonté des acteurs en présence d’apporter une solution à la crise. Elle devrait être traitée avec beaucoup de tact, de transparence et assurer un traitement impartial basé sur des critères justes.
Les règlements internes de la FMP prévoient déjà le comment de la formation d’une commission de discipline. Cependant dans ce contexte précis nous croyons à propos de mettre en place une commission AD HOC avec un focus sur son caractère équilibré pour projeter une image neutre et équitable.
Il faudrait des représentants avec la confiance des parties en conflit (Etudiants, Décanat, conseil des chefs de département) Cette commission de discipline multipartite, validée par l’assemblée des professeurs, aurait pour mandat de traiter au cas par cas les questions de discipline, les réclamations étudiantes et prendre les sanctions nécessaires.
Il faudrait porter une attention particulière à la transparence des décisions prises afin d’éviter de donner l’impression d’appliquer des conclusions préétablies voire injuste qui ne feraient que   voir injuste qui ne feraient cristalliser des idées préconçues en leur donnant des assises.

 

V.- ACCÉLÉRATION ET RENFORCEMENT DE LA COMMISSION DE RÉFORME DE L’UNIVERSITÉ ET ALLOCATION DE MOYENS


Le Rectorat à travers sa structure interne travaille sur la réforme de l’Université. Cependant. Il est indispensable de renforcer cette structure par les apports nouveaux en vue d’une accélération de ladite reforme qui doit être concrétisée dans le meilleur délai.
L’Université d’État est à un stade de défaillance tel qu’il faudra y apporter un remaniement tant au point de vue académique qu’au niveau administratif afin de remettre l’efficacité et la performance au centre des préoccupations.
Cette réforme doit se faire sur l’ensemble de l’Université et également sur chaque entité de manière particulière. Les questions de qualité de l’enseignement, de conditions de transmi                            ssion de savoir et de conditions minimum nécessaires à l’apprentissage doivent être adressées de manière sérieuse et responsable.
Cette commission devra contenir en son sein des experts en dehors de l’U                                    niversité avec cependant les compétences spécifiques les habilitant à agir en tant que tel au niveau de chaque entité. FMP, FDS, etc.
Tenant compte de la faiblesse de la structure actuelle de gestion des décanats et des conseils de direction, il serait recommandé de renforcer le rectorat et les décanats par une structure exécutive gérée par un directeur ou secrétaire exécutif avec pour rôle principal la gestion administrative et académique.
Cette commission devra également s’atteler à la standardisation et la mise à jour des règlements internes au niveau des différentes facultés. Il faudra tenir compte des normes de protection de la personne au niveau de ces règlements tant au bénéfice des étudiants que pour les entités en question.
De leurs travaux devraient sortir un cadre de référence :
·        Un rapport diagnostic
·        Une proposition qui évalue la question des règlements internes et leur standardisation
·        Un plan d’établissement de la structure exécutive pour le renforcement de la gestion administrative.
·        Un document cadre du profil et du cahier de charges d’un secrétaire exécutif.

 

VI.- EFFORT SOUTENU POUR LA CRÉATION ET LA MAINTENANCE D’UN MEDIUM DE COMMUNICATION SUR LA QUESTION UNIVERSITAIRE.


La création d’un forum pour discuter de la question universitaire est plus qu’une nécessité. La voie publique (ou le béton) ne doit et ne saurait en aucun cas être l’espace privilégié pour traiter des questions aussi vitales que la gestion où le devenir universitaire en Haïti.
Il faut créer cet espace, car partant du principe qui veut que la fonction crée l’organe, en absence de canal structuré de communication la voie publique servira à chaque fois d’espace pour discuter, revendiquer voire résoudre les questions conflictuelles de notre société, de nos universités et, par ricochet, du pays …
Aujourd’hui l’Université doit se réconcilier avec elle-même, la violence et le béton semblent les seuls voie et moyen pour initier ces débats. La méfiance s’installe de part et d’autre des différentes strates clans. Il faut impérieusement recréer un « capital confiance » sur lequel il sera possible d’investir du temps et des ressources pour la reconstruction du tissu universitaire.


VII.- ALLOCATION DE RESSOURCES FINANCIÈRES SIGNIFICATIVES PAR L’ÉTAT A L’UEH


Tout ceci pour être bien perçu devrait s’accompagner de mesures immédiates lançant un message clair à la communauté universitaire sur la volonté de gérer très sérieusement cette crise.
Dans cet esprit il est recommandé de dégager une allocation de ressources financières significatives par l’Etat, pour résoudre des problèmes à court, moyen et long terme de l’UEH
Les mesures d’accompagnement à mettre en œuvre pour une réouverture harmonieuse pourraient se faire :
A court terme
q  Mettre une dizaine d’autobus aux services de l’UEH pour le transport des étudiants.
q  Rendre fonctionnelles toutes les cafétérias de l’UEH et subventionner les plats chauds
q  Aménager des dortoirs dans la maison de résidence pour les étudiants.
q  Implanter des bibliothèques fonctionnelles
A moyen terme
q  Travailler à rendre fonctionnels les laboratoires au sein de la FMP.
q  Injecter un fonds spécial d’urgence pour augmenter l’enveloppe budgétaire de l’exercice 2009-2010 de l’UEH afin de lui permettre de faire face à ses problèmes d’indigence et éponger entre autres, les arriérés de salaire de 2 ans d’un nombre important de professeurs…
A long terme
q  Commencer à travailler à mettre en place le campus universitaire de L’UEH.
Une déclaration officielle présentant les grandes lignes des actions qui seront prises à très court terme, à moyen terme serait souhaitable pour appuyer les mesures suggérées plus haut. Annoncer un chronogramme pour l’édification d’un campus universitaire serait plus que bienvenue.

 

Rose-Anne Auguste


Émile Hérald Charles


Josseline Colimon Féthière


Mathias Pierre


Hérold Jean-François


Jean Alouidor


Frizto Canton

 

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