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Dieuseul Simon Desras, président du sénat haïtien, appelle à la solidarité du Chili dans la lutte contre Michel Martelly

Port-au-Prince, le 04 novembre 2013

Sénateur Jorge Pizarro Soto

Président de l’Assemblée Nationale du Chili

En ses bureaux.-

Honorable Président,

Le Président du Sénat et de l’Assemblée Nationale de la République d’Haïti vous présente ses salutations distinguées au nom de la solidarité interparlementaire et de l’universalité de la démocratie. Il se fait le devoir d’alerter une fois de plus le Parlement frère du Chili sur la situation qui prévaut actuellement en Haïti.

Depuis quelques temps, en effet, il s’évidente pour tous les observateurs avisés, nationaux et internationaux que notre pays glisse inexorablement vers l’ingouvernabilité sous l’impulsion des pratiques inconstitutionnelles, illégales et arbitraires de l’exécutif. Ce pouvoir atypique fait fi des valeurs républicaines, vassalise la justice et mène depuis son avènement une guerre ouverte contre le Parlement qu’il projette de dissoudre.

Depuis deux ans et quatre mois le président de la République exerce le pouvoir sans se soucier d’honorer les échéances électorales pour le renouvellement du tiers du Sénat et des membres des Collectivités territoriales, en transgression de la loi-mère.

Or dans tout Etat démocratique, les pouvoirs publics ne peuvent tenir leur légitimité que de la volonté du Peuple exprimée à la faveur d’élections sincères, libres et régulières réalisées périodiquement sur la base du suffrage universel.

Dans le cas qui nous occupe, il y a des ombres épaisses au tableau de la gouvemance. A preuve, les autorités de l’exécutif foulent aux pieds le pouvoir de contrôle dévolu au Parlement en s’opposant farouchement à l’installation des nouveaux juges administratifs élus souverainement par le Sénat de la République en remplacement des anciens dont le mandat est arrivé à terme depuis le 30 septembre 2013. Or, c’est à la Cour supérieure des Comptes et du contentieux administratif que la Constitution assigne la mission de contrôler la gestion rationnelle et efficace des ressources publiques et de distribuer une saine justice administrative.

On comprend que les partis politiques, la société civile et les organisations militantes ne puissent que sanctionner ce comportement dictatorial par des appels à la mobilisation contre le pouvoir en place qualifié de rebelle à la Constitution et au régime de droit.

Honorable Président,

Votre pays est partie prenante à la Mission des Nations-Unies pour la stabilisation d’Haïti par la présence sur place d’une composante de votre armée et/ou de votre police. Dans l’éventualité de troubles relatifs aux luttes du Peuple haïtien pour la défense des droits et des libertés publiques, la restauration de la souveraineté nationale, le Parlement haïtien vous fait part de ses préoccupations quant aux comportements et aux actions futurs de vos soldats sur notre territoire.

Somme toute, il est à retenir que le déficit de confiance des populations dans les deux branches du Pouvoir Exécutif et d’autres griefs aggravants contre le mode de conduite des affaires publiques rendent prévisible une précipitation de la crise ambiante susceptible de faire basculer le pays dans le chaos durant les mois à venir.

Honorable Président,

Le Parlement haïtien est convaincu que les troupes de votre pays choisiraient, si la tournure des événements l’impose, de défendre le peuple haïtien assoiffé de démocratie contre les excès d’un pouvoir arbitraire et totalitaire.

Par mon organe, le Parlement s’empresse de tirer la sonnette d’alarme sur cette catastrophe annoncée, en espérant de votre part toutes démarches dissuasives, toutes mesures prohibitives qui concordent avec les meilleurs élans de la solidarité parlementaire. Misant sur vos convictions et vos traditions démocratiques, le Parlement vous prie d’agréer, Honorable Président, l’expression de sa très haute considération.

Dieuseul Simon Desras

Président du Sénat et de l’Assemblée nationale

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