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Cartographie : de l’urgence à la reconstruction d’Haïti

Le Service régional de traitement de l’image (Sertit) de l’Université de Strasbourg avait aidé les secours, avec ses cartes, il y a un an, en Haïti. Il va désormais constituer une base pour la reconstruction durable du pays. Pour une fois, les experts du Sertit auront un peu de temps devant eux avec le projet Kal-Haïti, lancé il y a quelques jours pour une durée de quatre ans.

Les pros de la cartographie d’urgence de l’Ecole nationale supérieure de physique de Strasbourg vont constituer une base de données dévolue à la gestion des risques et la reconstruction durable dans l’île, après le séisme du 12 janvier 2010. Le tremblement de terre a fait 200 000 morts, deux millions de sans-abris et détruit 60 000 bâtiments. Dès les premières heures après la catastrophe, les géographes, informaticiens, topographes, physiciens et géologues du Service régional de traitement de l’image et de télédétection (Sertit) avaient été sollicités pour fournir des données lisibles à la Sécurité civile et aux ONG engagées sur place. «  Au bout de quarante heures, nous avions fourni la première carte au monde des dégâts provoqués. Nous avions estimé à 20 % la part des bâtiments détruits dans le secteur de Port-au-Prince, ce qu’a confirmé une étude des Nations-Unies », résume Paul de Fraipont, créateur de ce laboratoire original.

Une unité au savoir-faire reconnu, qui s’appuie sur le Centre national d’études spatiales : depuis dix ans, le Cnes est un partenaire incontournable et André Husson, son responsable « risques » à la direction de la stratégie et des programmes l’a souligné : «  Depuis la création de la charte Espace et catastrophes naturelles en 1999, le Sertit a montré ses qualités. Cartes de situation, des dégâts, des routes, des points d’eau, des lieux où établir des camps de secours. Il sera en bonne place dans le prochain service européen de gestion des crises. Et on peut prévoir sans se tromper la recrudescence des catastrophes dans les dix ans à venir ».

500 000 €

Avec un budget d’un demi-million d’euros obtenu avec le soutien de l’Agence nationale de la recherche (ANR), la base de données Kal-Haïti vise à «  couvrir l’ensemble du cycle des catastrophes, de la prévention à la reconstruction, de la prévision au retour à la normale, jusqu’à la gestion du risque sismique ». Libres de droits, géoréférencées et validées, ces 3,2 terraoctets d’éléments satellites et complémentaires (radars…) doivent soutenir l’immense chantier, à peine ébauché sur l’île. Une base de données « miroir » sera transférée à terme à Haïti, avec une proposition d’assistance aux autorités locales «  pour la réalisation d’un système d’information géographique plus complet ».

Au lancement du projet, les images du 12 janvier 2010 étaient encore très présentes dans les esprits. « Cette opération Haïti, résume Paul de Fraipont, ce fut douze personnes qualifiées, douze heures par jour pendant douze jours ». Avec une exigence : aller vite. A l’autre bout de la chaîne, les minutes étaient précieuses pour les ONG et la direction de la Sécurité civile. Vu de Strasbourg, jumelée avec Jacmel, une petite ville du sud-est de l’île, le séisme était une histoire d’hommes aux liens tissés de longue date. Comme l’a rappelé Alain Beretz, président de l’université, trois étudiants haïtiens ont été accueillis en urgence en 2010. «  Et la licence d’études territoriales que nous relançons sur place servira à former les cadres utiles à l’avenir du pays ».

Alain MORVAN.

 

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