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Actualités - septembre 25, 2010

Haïti défend la nécessité d’inventer une nouvelle forme de globalisation

Le Président d’Haïti, René Préval, a appelé la communauté internationale à « inventer une nouvelle forme de globalisation », dans un discours prononcé lors du débat annuel de l’Assemblée générale de l’ONU à New York.

« Le moment est venu en effet pour nous d’inventer une nouvelle forme de globalisation, fondée en somme sur la simple notion de notre commune humanité, sur la confiance, la coopération, le respect mutuel, celui de notre environnement et de toutes les formes de vie qui l’habitent », a déclaré René Préval.

« II nous faut rompre et en urgence, avec cette vision qui érige le profit en véritable divinité, qui réduit les citoyens au rang de simples consommateurs et notre Terre en une colonie dévastée par notre faute. Le “village global” ne pourra éternellement conserver à côté de ses beaux quartiers, d’infâmes bidonvilles où l’humanité se dissout; un Nord et un Sud, non pas géographiques mais socio-économiques », a-t-il ajouté.

Selon le Président haïtien, d’importants progrès ont été accomplis depuis le lancement des Objectifs du millénaire pour le développement en 1990, mais « à 5 ans de l’échéance », « un long chemin reste encore à faire », a-t-il prévenu.

« Que dire de ces milliers de milliards de dollars engloutis depuis 10 ans dans des guerres aussi sanglantes qu’injustifiées ! Et que dire des budgets de défense, qui chaque année dépassent de loin ce qu’il faudrait pour atteindre les Objectifs du millénaire? Que dire enfin des incalculables richesses volatilisées dans la course à la spéculation, dans l’arrogante suprématie de l’économie virtuelle sur l’économie réelle ? » a-t-il dit.

« Allons-nous continuer à sacrifier le bien-être et la vie de millions d’êtres humains, l’avenir de notre planète, à cette culture de la peur et de l’avidité ? Que dire de la baisse continue de l’aide publique au développèrent alors qu’en 2005 les pays développés s’étaient engagés à en doubler le montant à l’horizon 2010? Qu’est devenue la décision de favoriser un système commercial plus ouvert alors que l’aide aux agriculteurs des pays développés est plus du triple de l’aide publique au développement ? » s’est interrogé le Président haïtien.

« La réponse à ces questions nous appartient et nous ne saurions plus longtemps les éluder sans courir à notre commune perte. Le seul espoir qui subsiste est celui d’un humanisme renouvelé, lucide, englobant tout le vivant, et l’environnement dont nous sommes à la fois dépendants et responsables. En ce sens, la coopération Sud- Sud est porteuse de promesses nouvelles et je convie les dirigeants des pays du Sud à approfondir cette voie pour le bien-être de leur population respective », a-t-il conclu sur le sujet.

René Préval a également salué la mémoire des centaines de milliers d’Haïtiens et d’Haïtiennes, des collaborateurs et fonctionnaires du système des Nations-Unies, une centaine d’entre eux, qui ont perdu la vie lors du séisme ayant frappé Haïti le 12 janvier dernier.

Il a terminé en évoquant les prochaines élections présidentielles et législatives qui se dérouleront prochainement. « II est important de mener à terme ce difficile processus, avec rigueur, équité et transparence, condition indispensable pour consolider notre jeune démocratie. J’en appelle donc à tous les acteurs nationaux et à nos amis internationaux pour qu’ensemble nous traversions ce carrefour électoral avec succès », a-t-il conclu.

un.org

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