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Actualités - février 18, 2010

Le coordinateur de l’Onu tance les agences spécialisées à Haïti

Le coordinateur des Nations unies pour l’aide humanitaire, John Holmes, critique les défaillances en matière de ressources et de coordination des agences spécialisées de l’Onu et autres ONG travaillant à Haïti, dans un e-mail qui aurait dû rester confidentiel.

Le haut fonctionnaire international britannique a confirmé jeudi à Reuters l’authenticité de ce courriel, dont la teneur a été dévoilée par la revue Foreign Policy et qui est adressé aux principales agences humanitaires venant en aide aux survivants du séisme du 12 janvier.

Les opérations de secours des Nations unies après le séisme, qui a fait plus de 200.000 morts et un million de sans-abri, ont été entravées dans un premier temps par le fait que le chef de la mission humanitaire de l’Onu sur place et une centaine de membres de son personnel figuraient parmi les victimes.

Les choses se sont améliorées depuis mais, selon Holmes, il reste “des besoins humanitaires énormes non satisfaits”, notamment en matière d’abris et de sanitaires, alors que la saison des pluies approche, aggravant, selon lui, les risques d’émeutes.

“Je crains que nous n’ayons tout simplement pas encore injecté les ressources nécessaires dans certaines zones en termes de capacité de mise en oeuvre de programmes pratiques et de distribution”, écrit Holmes.

“Je vous demande à tous de revoir radicalement ce que vous êtes capables de faire dans les zones clés et d’adopter une approche plus énergique en vue de répondre aux besoins”, poursuit-il dans ce courrier électronique adressé à ses “chers collègues”.

John Holmes se réfère plus particulièrement au système des zones d’action prioritaires, utilisé pour la première fois après le tsunami de 2004 en Asie, avec une seule organisation chargée de chacune d’elle, généralement une agence de l’Onu.

Il en existe 12 de ce type à Haïti. Mais Holmes se dit déçu de l’insuffisante coordination des diverses organisations au sein de ces zones et juge insuffisants aussi les moyens mis à la disposition des responsables qui les coiffent.

“Plusieurs zones doivent encore dresser une liste concise des besoins, définir des plans cohérents pour y répondre et analyser les carences”. “Cela commence à se voir et en conduit d’autres à douter de notre capacité à agir.”

“Nous ne pouvons pas attendre la prochaine urgence pour en tirer les leçons. Il y a un besoin urgent de renforcer considérablement la capacité sur le terrain, d’améliorer la coordination, de dresser des plans stratégiques et de fournir de l’aide”, conclut-il.

L’ancien président américain Bill Clinton, représentant de l’Onu pour Haïti, et le secrétaire général des Nations unies doivent actualiser dans la journée leur évaluation du montant de l’aide nécessaire pour l’île, qui passerait de 575 millions à 1,4 milliard de dollars.

Patrick Worsnip, Marc Delteil pour le service français

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