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La porte-parole du secrétaire général de l’ONU en conférence de presse à Port-au-Prince.

INTERVENTION DE MICHELE MONTAS, PORTE-PAROLE DU SECRETAIRE GENERAL DES NATIONS UNIES

Bonjour tout le monde, Je crois que connais la plupart d’entre vous et vous savez aussi qui je suis. J’étais journaliste en Haïti avec vous pendant très longtemps. J’ai une déclaration attribuée au Porte-parole du Secrétaire général, c’est-à-dire à moi. Le Secrétaire général a décidé de nommer l’ancien président William J. Clinton, au poste d’Envoyé Spécial des Nations Unies pour Haïti.

 Cette nomination se fonde sur l’engagement constant du Président Clinton envers Haïti, notamment lorsqu’il était à la Maison Blanche et, plus récemment, à travers son Appel à l’action en faveur d’Haïti dans le cadre de la fondation Clinton Global Initiative (CGI), en septembre 2008. Le Président  Clinton a également accompagné le Secrétaire Général en Haïti en mars 2009, en vue d’attirer l’attention de la communauté internationale sur les besoins d’Haïti.  En tant qu’Envoyé spécial, le Président Clinton appuiera les efforts des Autorités haïtiennes visant un développement économique et social durable. Il mettra l’accent sur la mise en place de nouveaux partenariats et sur la collaboration  avec le secteur privé, la société civile et les partenaires techniques et financiers.

Il s’efforcera également de promouvoir le renforcement des capacités locales et la création d’un avenir meilleur pour Haïti.   Le Secrétaire général est convaincu que le Président Clinton apportera, dans l’exercice de ses fonctions,  une énergie, un dynamisme et une détermination qui permettront de renforcer l’appui de la communauté internationale à la mise en œuvre du Plan de relèvement économique et de reconstruction présenté par le Gouvernement haïtien à la Conférence de Washington le 14 avril dernier. Le Président Clinton avait servi comme Envoyé spécial des Nations Unies pour le Relèvement immédiat après le Tsunami en 2004.  Et c’est ce que j’avais à vous dire. Si vous avez des questions concernant cette nomination, je serais évidemment heureuse d’y répondre. Vous avez évoquez l’engagement du Président Clinton vis-à-vis d’Haïti. Nous savons que la MINUSTAH travaille à la stabilisation du pays et à son relèvement. Qu’est-ce qui a motivé aujourd’hui le Secrétaire général des Nations Unies à faire cette nomination et à quel besoin répond-elle ? Michèle Montas : Comme vous le savez, c’est simplement un appui à la MINUSTAH. La Mission de son côté fournira un maximum d’appui, j’en suis sure, au Président Bill Clinton.  L’idée c’est essentiellement, à partir du plan de reconstruction qui a été proposé par le gouvernement haïtien, et à cause des quatre cyclones que nous avons eu d’affilée et de la situation extrêmement difficile d’Haïti du point de vue économique, c’est ce qui a motivé le Secrétaire général à nommer M. Clinton.  Il a été Envoyé spécial des Nations Unies pour relever les pays qui avaient été frappés par le tsunami. En 2004-2005, il a ainsi servi comme Envoyé spécial, à l’époque du Secrétaire général Kofi Annan, pour les pays affectés par le tsunami. Et c’est un peu ce qu’il fera en ce qui a trait à Haïti. Cela n’implique pas le travail de la MINUSTAH qui continue ainsi que le travail du Représentant spécial, M. Annabi, qui continue aussi comme prévu. Comme vous le savez, la MINUSTAH a un mandat du Conseil de Sécurité des Nations Unies, un mandat qu’elle est en train de mettre en œuvre. Le mandat du Président Clinton s’adresserait strictement à des problèmes économiques et sociaux. Il y a un certain nombre d’engagements qui ont été pris à Washington lors de la Conférence des donateurs, l’idée c’est que le Président Clinton puisse travailler à ce que ces engagements pris deviennent réalité, que l’argent soit effectivement versé, que cet argent aille aux communautés qui en ont effectivement besoin. C’est ce qu’il avait fait quand il était l’Envoyé spécial des Nations Unies pour le tsunami.   Y a-t-il une durée pour le mandat de M. Clinton ? Et aura-t-il à superviser les activités des nations unies en Haïti, une sorte de chapeau, une sorte d’autorité supérieure à la Mission qui est en Haiti et faire rapport au Secrétaire général des avancées sur le terrain ? Michèle Montas : Non, cela n’a rien à voir avec la MINUSTAH. Il ne va pas contrôler la MINUSTAH, ni la superviser. Nous avons un Représentant spécial dans le pays, M. Annabi qui fonctionne en fonction du mandat du Conseil de Sécurité. Le Président Clinton va cibler les problèmes sociaux et économiques d’Haïti qui, comme vous le savez sont aigus particulièrement après les cyclones qui ont traversé le pays. Et nous risquons d’avoir une autre saison cyclonique qui pourrait être aussi dévastatrice. La décision de le faire maintenant vient du fait qu’il y a des plans de reconstruction, il y a des plans de développement économique qui ont été soumis, d’abord à Ottawa, ensuite à la Conférence des bailleurs de fonds à Washington, les donateurs se sont engagés à donner.  Il y a aussi autre chose. Le président Clinton est, je crois, uniquement qualifié pour faire le type de travail qu’il avait fait pour le tsunami et qu’il peut faire pour Haïti. Par ses contacts dans le secteur privé, ses contacts avec des groupes de donateurs, qui ne sont pas nécessairement des gouvernements, il peut encourager à ce qu’au-delà des accords qui avaient été pris à Washington lors de la conférence des donateurs, il y ait davantage encore pour pouvoir mobiliser plus d’aide encore pour Haïti. Il nous a donné des résultats quand il a été envoyé par les Nations Unies pour le tsunami. Ces résultats étaient tangibles, ces résultats étaient concrets. Je crois que le Président Clinton est extrêmement engagé pour Haïti. Vous étiez ici avec nous quand nous sommes venus en mars, où il a parlé de son engagement de plusieurs années envers Haïti. Cet engagement, il l’a renouvelé à Washington, il l’a renouvelé avant cela lors de la réunion du Global Initiative, sa propre réunion qui se tient chaque septembre à New-York. Cet engagement envers Haïti, il l’a prouvé. Les résultats ne vont pas être immédiats. Il a ce qu’il faut pour prendre les contacts qu’il faut, pour engager les gens qu’il faut, pour impliquer les gens qui doivent être impliqués. Il connaît Haïti.Comme vous le savez le Clinton Initiative à déjà des projets en Haïti. Je crois que tout cela compte. M. Clinton vient en Haïti depuis 1978. Il connaît bien les problèmes fondamentaux de ce pays, les Nations Unies également. Fallait-il que les Nations Unies attendent le passage destructeur des quatre cyclones et tempêtes tropicales pour faire cette nomination ? Quelles peuvent être les retombées de cette nomination pour Haïti ? Michèle Montas : Ce à quoi le peuple haïtien peut s’attendre, c’est d’avoir un avocat international, quelqu’un qui va parler en son nom et qui va essayer d’obtenir le maximum pour ce peuple haïtien. C’est ce que le peuple haïtien peut attendre de M. Clinton. En termes de son engagement envers Haïti, il l’a à maintes reprises exprimé. Je ne comprends pas où votre question va. Qu’est-ce que vous voulez savoir de plus ?Comment se fait-il que ce soit après les cyclones ? Michèle Montas : Vous savez, la situation économique du pays était difficile. Elle était grave, elle s’est aggravée davantage. Vous le savez mieux que moi. Vous êtes ici pour couvrir la réalité au quotidien. Vous savez à quel point les choses se sont aggravées au cours de ces dernières années. Et le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon, qui est arrivé il y a deux ans et demi, s’est sensibilisé au fur et à mesure avec les questions d’Haïti. C’est pourquoi il a décidé  de faire quelque chose de plus que ce qui avait été fait. Je dois vous dire que M Annabi, avant lui, M. Mulet, ont été des avocats importants pour Haïti,  demandant au Secrétaire général de donner davantage d’attention à Haïti, particulièrement après les cyclones. Si vous voulez, cela a été un effort de plusieurs secteurs pour essayer de demander au Secrétaire général de faire davantage pour Haïti. C’est pourquoi le Secrétaire général est venu une première fois en Haïti, il a réfléchi à savoir qu’est-ce que nous pouvons faire de plus. Après la conférence des donateurs, l’inquiétude était que soudainement l’intérêt pour Haïti, c’est-à-dire l’intérêt qui avait été provoqué par cette réunion s’évanouisse. Sa préoccupation, c’est de garder l’intérêt au point de vue international vivant. Nous savons que les Nations Unies ont déjà un Représentant en Haïti, vous l’avez dit vous-même. Pourquoi faut-il à côté de ce Représentant, un Emissaire ? Est-il nécessaire d’avoir un Emissaire pour que les Nations-Unies s’engagent davantage en faveur d’Haïti ? Michèle Montas : Comme vous le savez le Président Clinton a énormément d’influence à travers le monde et avait déjà exprimé son intérêt pour Haïti à maintes reprises, l’idée de lui demander d’être l’Envoyé Spécial était essentiellement non pas de venir renforcer la MINUSTAH, ni de la remplacer, ce n’est pas la question. L’idée était de pouvoir sensibiliser les donateurs à l’extérieur. Il ne vient pas s’installer en Haïti, le Président Clinton va être à l’extérieur essayant de mobiliser davantage de supports pour Haïti : support d’organisations gouvernementales, support de gouvernements, demandant aussi que les engagements pris soient respectés. Cela n’a rien à voir avec ce qui se passe ici en Haïti. Il viendra certainement à différentes reprises en Haïti, pour voir comment les choses marchent. Cependant, il n’est pas en contact avec la MINUSTAH et il ne supervise certainement pas la MINUSTAH.  Vous avez parlé tout à l’heure des ouragans, je crois qu’il est important de vous dire, vous le savez aussi bien que moi, qu’il y a une grave crise internationale qui préoccupe beaucoup le Secrétaire Général parce que les gens qui payent le plus, ce sont les plus pauvres. Nous sommes, les haïtiens sont parmi les pauvres et il s’agit simplement d’essayer de trouver des moyens pour aider davantage le peuple haïtien aux problèmes sociaux qui se sont posés à partir de la crise économique. Je voudrais savoir si le Président Clinton a déjà réagit à cette nomination. Si oui,  quelle a été donc sa réaction ?  Est-ce qu’en tant qu’Emissaire des Nations Unies, il aura aussi des contacts au niveau bilatéral avec les gouvernements des pays qui sont membres des Nations -Unies et aussi qui agissent en Haïti ? Michèle Montas : Certainement en tant qu’Envoyé Spécial, il aura des contacts directs avec les gouvernements représentés aux Nations-Unies. Il aura certainement des contacts avec des Chefs d‘Etat en ce qui concerne Haïti et des organisations non gouvernementales qui travaillent déjà avec la « Clinton Initiative ». Donc, je crois que son champ d’action est quand même assez large. Pour l’autre question, il a réagit positivement, extrêmement positivement, il a dit oui tout de suite. La demande lui a été faite la semaine dernière et elle a été transmise au Président Préval immédiatement après que M. Clinton ait  accepté. M. Clinton et le Président Préval étaient tous les deux ravis. Le Président René Préval a toujours souhaité qu’il y ait une certaine transformation au niveau de la MINUSTAH, il a souhaité que la MINUSTAH puisse s’engager davantage dans les travaux de construction, de développement et la réponse des Nations-Unies a toujours été que la MINUSTAH n’est pas là pour s’atteler à des tâches de développement, c’est de préférence le travail du PNUD et d’autres agences des Nations Unies. Mais on constate que, du point de vue même du Chef de l’Etat, il y a une carence au niveau de la Mission en ce qui concerne notamment cette question, ce volet de développement   économique. Est-ce que M. Clinton pourra aider à suppléer, à pallier cette carence en obtenant des gouvernements qui travaillent en Haïti puissent apporter ces matériels lourds souhaités par le Président de la République et d’autres genre d’assistance qui pourraient faire une différence sur le plan économique et social ? Michèle Montas : Comme je l’ai dit tout à l’heure, le mandat de la MINUSTAH est déterminé par le Conseil de Sécurité, pas par le Secrétaire général des Nations Unies. Ce mandat est clair, il comporte un certain nombre de contraintes et il s’adresse spécifiquement à la question de sécurité. L’argument dont tu parles est certainement important, les questions économique et les questions sociales font partie certainement de la stabilité et je crois que la MINUSTAH a essayé d’en étendre un peu en fonction de ses moyens limités et de ces contraintes dictées par le Conseil de sécurité. Je laisserai Sophie tout à l’heure vous parler de ce que fait la MINUSTAH dans ce domaine là. Ce que peut faire Clinton est dans un tout autre domaine. Il va travailler certainement avec la MINUSTAH, mais il ne va pas avoir de supervision directe de la MINUSTAH, comme je l’ai tout à l’heure. Il va essayer de travailler avec les donateurs à l’extérieur et aussi avec certaines organisations non gouvernementales qui sont déjà impliquées en Haïti ou des investisseurs privés en essayant d’aider à porter le maximum d’aides à Haïti.  En ce qui a trait  à la MINUSTAH, je comprends ces critiques, mais ces critiques seront liées à un mandat. Ce mandat peut être changé seulement par le Conseil de Sécurité. Au moment du renouvèlement du mandat, il y a moyen pour le Conseil de sécurité de changer les termes du mandat mais une mission de maintien de la paix qui est votée en fonction du chapitre 7 des Nations-Unies, est une mission de sécurité. Ce n’est pas une mission  de développement économique et c’est pourquoi qu’il y  a d’autres Agences des Nations-Unies qui s’en occupent, le PNUP par exemple. Evidemment, il y a toute une série d’autres organisations des Nations-Unies unes qui ne sont pas la MINUSTAH, mais qui travaillent avec la MINUSTAH, qui travaillent en Haïti et qui s’occupent des questions sociales et économiques. Sophie Boutaud de la Combe : Comme Michèle me proposait de prendre la parole, j’en profite pour apporter effectivement cette précision : le mandat de la MINUSTAH en tant que mission de maintien de la paix, est un mandat de stabilisation. Dans le dernier rapport du Secrétaire Général, il y a cinq volets qui sont identifiés pour consolider la stabilisation, cinq volets très clairs qui comprennent notamment la sécurité, l’Etat de droit mais aussi l’extension de l’autorité de l’Etat. C’est très important, c’est ce que nous faisons notamment avec l’appui aux reformes de la justice, l’appui à la reforme de la police et l’appui aux reformes du système pénitentiaire. Il y a aussi les droits de l’homme sur lesquels nous travaillons et la parité homme-femme mais aussi la protection de l’enfant. Le développement  économique et social est le 5ième  pilier identifié dans le cadre du rapport du Secrétaire Général pour la consolidation de la stabilité. Ce sont deux efforts parallèles. Or, ils ne peuvent pas être supportés par la même instance. Ce n’est pas la MINUSTAH qui peut supporter le développement économique et social tout simplement parce que, comme l’a dit Michèle, le mandat du Conseil de Sécurité n’entre pas dans le cadre du développement économique et social. Ce mandat entre dans le cadre de la construction de la stabilité en Haïti. C’est donc un partenariat avec l’Etat haïtien qui lui, de son côté, avec les agences des Nations Unies et avec les partenaires multilatéraux et bilatéraux, va pouvoir faire cet effort de développement économique et social. Cette nomination s’ajoute à tous ces efforts justement, dans le cadre d’une situation et d’un contexte très particuliers. L’investissement qui est fait au sein de la MINUSTAH est un investissement qui est fait pour la sécurité et cet investissement ne pourra pas être durable, les efforts qui ont été consentis ne pourront pas être durables, si jamais il n’y a pas un effort supplémentaire en parallèle pour le développement économique et social. Ce sont donc deux efforts parallèles qui doivent être faits. Je voudrais vous demander de réagir en tant que Michèle Montas,  Haïtienne non pas la Porte-parole. Est-ce  que vous pensez sincèrement que cette nomination va apporter quelque chose de plus à Haïti pour le développement de ce pays ?  Michèle Montas : Michèle Montas pense que oui. Je suis venue l’autre jour avec le Président Clinton et j’ai été étonnée moi-même de l’entendre parler d’Haïti et de son engagement envers ce pays. Vous savez, je crois que si quelqu’un peut faire quelque chose pour mobiliser des donateurs, c’est bien lui. On ferme le chapitre Michèle Montas 

 

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