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Ban Ki-moon : la communauté internationale doit faire bien plus pour Haïti

« Aux défis énormes posés par le tremblement de terre du 12 janvier, sont venus s’ajouter le passage de l’ouragan Tomas, l’épidémie de choléra et l’accroissement des tensions politiques. Haïti a besoin et mérite notre soutien », a souligné vendredi le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, en ouverture d’un débat de l’Assemblée générale de l’ONU sur la situation à Haïti.

Devant les Etats membres, Ban Ki-moon a rappelé que le selon le ministère haïtien de la santé, l’épidémie de choléra touchait désormais les 10 départements du pays, que le nombre d’infections avoisinait les 81.000, que 1.800 personnes étaient déjà mortes de la maladie et que près de 650.000 personnes pourraient encore contracter le choléra dans les prochains mois.

S’il a salué « une nouvelle positive », la baisse du taux de mortalité de 7,6% à 3,6% en six semaines, le chef de l’ONU a toutefois insisté sur le fait que les efforts déployés à l’heure actuelle n’étaient « tout simplement pas suffisants ».

« Sans une réponse internationale immédiate et massive, nous allons être dépassés », a-t-il prévenu, avant de présenter les deux priorités qui se présentent sur le terrain : « minimiser le taux de mortalité en mettant en place des traitements efficaces » et « atteindre toute la population, même les communautés les plus isolées, pour leur fournir de l’information, des traitements et prévenir la propagation de la maladie ».

« La vie de centaines de milliers de personne est en jeu », a poursuivi Ban Ki-moon, qui a déploré que 20% seulement des 164 millions de dollars demandés par l’ONU dans le cadre de sa stratégie de réponse au choléra en Haïti n’ait été financé.

« Je vous demande en urgence de nous aider à financer entièrement cet appel de fonds », a-t-il déclaré devant les Etats membres, soulignant que la communauté internationale ne devait pas « imaginer une réponse à court terme » face à une crise sanitaire qui « n’est pas une crise à court terme ». « Des millions de personnes se tournent vers nous pour assurer leur survie », a-t-il encore insisté.

Le Secrétaire général a également détaillé les besoins du pays : plus de centres de traitement du choléra et de personnel médical pour les gérer, de formation pour près de 30.000 volontaires qui assistent les travailleurs humanitaires dans près de 15.000 points de réhydratation, plus de stocks de matériel – comprimés de purification d’eau, chlore pour désinfecter, antibiotiques pour les traitements, bidons et citernes pour la distribution d’eau propre, savon et matériel pour des latrines et l’assainissement.

Ban Ki-moon a ensuite fait le lien entre la réponse à l’épidémie de choléra et la nécessité de renforcer les institutions du pays. « Pour relever les énormes défis qui se présentent, Haïti a besoin d’un gouvernement fort et légitime », a-t-il insisté, avant de saluer le déroulement dimanche dernier, du premier tour des élections législatives et présidentielles.

« Je félicite les Haïtiens pour leur résilience devant le tremblement de terre et l’épidémie de choléra, et pour leur détermination à faire entendre leur voix », a indiqué Ban Ki-moon à la tribune de l’Assemblée générale.

Revenant ensuite sur les incidents et les violences qui ont émaillé le premier tour des élections, il a souligné que « les irrégularités signalées semblent plus sérieuses qu’initialement décrites ».

« Quelles que soient les plaintes et les réserves quant à ce processus, j’appelle en urgence tous les acteurs politiques à éviter la violence, à entamer immédiatement des discussions afin qu’une solution haïtienne soit trouvée, avant qu’une crise sérieuse n’éclate », a-t-il poursuivi, insistant sur la nécessité pour les dirigeants politiques « de mettre l’intérêt national du pays devant leurs ambitions personnelles ».

Intervenant à son tour, le Président de l’Assemblée générale, Joseph Deiss, a lui aussi souligné le caractère « dramatique » de la situation en Haïti, où l’épidémie de choléra est « l’une des plus sévères dans le monde ces dernières années ».

« Il est impératif de s’assurer que la communauté internationale fait tout ce qui est en son pouvoir pour aider les autorités et la population », a-t-il poursuivi, avant de rappeler qu’au-delà du manque de fonds pour la lutte contre le choléra, 42% seulement de l’aide internationale pour la reconstruction post-séisme avaient été financés jusqu’à présent.

« Je lance un appel solennel à tous les Etats membres pour qu’ils se mobilisent », a conclu Joseph Deiss, avant de rappeler que « la lutte contre le choléra ne peut attendre, qu’il est urgent de relever les défis humanitaires et d’entreprendre la reconstruction du pays pour soulager la population haïtienne ».

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