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Les 7 péchés capitaux de Laurent Lamothe selon le bloc PRI

Le lundi 14 janvier 2013, comme l’exige la Constitution de 1987, s’est tenue une démocratique séance en Assemblée Nationale afin d’ouvrir la première session législative annuelle. En cette occasion, le Président de la République a présenté l’état de la Nation. Compte tenu des réelles conditions de vie de la population haïtienne et de la floue et démagogique déclaration du chef de l’État à la tribune de l’Assemblée, il est clairement visible que l’état de la Nation, la Mère-Patrie, est critique : Pi mal pase sa se lanmô.

Quant au Premier ministre, il n’a pas pu présenter le bilan des activités du Gouvernement. Il s’est tout simplement contenté d’en faire le dépôt. Le groupe Parlementaires pour le Renforcement Institutionnel (PRI) et ses alliés lui ont empêché d’accomplir cet acte constitutionnel parce qu’il a en somme brutalement violé notre Charte Fondamentale. Plus spécifiquement, Mr Laurent S. Lamothe a commis sept (7) graves manquements ou péchés capitaux suivants :

 

 


1. Rébellion contre le Parlement

Le Premier ministre a été règlementairement convoqué une fois et invité deux fois par le Bureau de la Chambre des Députés, et ce à l’initiative des députés membres du groupe PRI. Il a alors boudé de façon méprisante la convocation et les invitations. Au menu de celles-ci figuraient les points suivants : la situation socioéconomique globale du pays (chômage, vie chère, épidémie, insécurité, etc.) ; l’enveloppe budgétaire de dix (10) millions de gourdes allouée au financement des projets de développement des communes ; et la corruption qui gangrène le Gouvernement.

 

 


C’est la Constitution de 1987, rendant le Gouvernement responsable devant le Parlement (cf. art. 156…), qui nous autorise à entreprendre ce contrôle. Ainsi, en rejetant notre droit de contrôle, le Premier ministre se rebelle contre le Parlement d’où émane sa légitimité, et nous donne donc à constater qu’il ne respecte pas notre Loi-Mère.


2. Rébellion contre le peuple

En agissant avec une telle arrogance, laquelle dénote un flagrant mépris pour certains parlementaires, le Premier ministre insulte les populations qui leur donnent mandat. Son comportement constitue un affront à l’identité à la fois culturelle et politique de tout le peuple haïtien. Ce qui s’assimile à un crime de haute trahison et donc passible de la Haute Cour de Justice.

 

 

3. Application d’une politique partisane

Le gel par le Premier ministre des fonds de 10 millions de gourdes légalement alloués au développement des communes représentées par les députés du groupe PRI, tandis que sont décaissés les fonds des communes représentées par les Députés du groupe présidentiel Parlementaires pour la Stabilité et le Progrès (PSP), illustre éloquemment la politique partisane du Gouvernement. Or, la Constitution proclame l’égalité des citoyens devant la loi ainsi que l’indivisibilité et la solidarité des communautés formant le Territoire national.

 

 


4. Tentative de vassalisation de la Chambre des Députés

Au lieu de travailler au bien-être du peuple haïtien, le Gouvernement se sert du décaissement de l’enveloppe budgétaire des 10 millions de gourdes comme moyen de pression pour forcer les Députés à plier l’échine et leur ravir ainsi leur pouvoir de contrôle. De ce fait, le Premier ministre tente de vassaliser la Chambre des Députés et donc détourner ou corrompre la réelle et noble volonté populaire.

 

 


5. Violation systématique de la Constitution et tentative d’instrumentalisation de la justice
En refusant d’exécuter les lois budgétaires 2011-2012 et 2012-2013, le Premier ministre viole systématiquement et avec préméditation la Constitution dans ses articles 162 et 169. De plus, le Gouvernement, à travers de troubles nominations de juges et des directives données aux Commissaires du gouvernement, s’obstine à mettre l’appareil judiciaire sous coupe réglée, et ce dans le totalitaire et abject dessein de persécuter des opposants politiques, de procéder à des règlements de compte ainsi que de protéger ses alliés qui sont dans le collimateur de la Justice.

6. Gabegie administrative et corruption

La gabegie administrative et la corruption gangrènent l’Administration Lamothe. À titre d’exemples, le Premier ministre met à la disposition d’un grand nombre d’employés de la Primature, avec l’argent des contribuables, des téléphones mobiles (d’une compagnie amie sinon complice du Pouvoir) pour effectuer des appels illimités… De plus, les deux dirigeants de l’Exécutif effectuent d’incessants et inutiles voyages accompagnés de délégations pléthoriques occasionnant des dépenses faramineuses supportées par les maigres ressources de l’État. Autre preuve éclatante, Monsieur Lamothe a signé avec le Chef de l’Etat le décret du 4 janvier 2012 créant la Commission Nationale de Lutte contre la Faim et la Malnutrition (COLFAM) et celui du 7 juin 2012 créant la Commission d’Appui à la Coordination des Infrastructures de Sport et d’Accompagnement de la Jeunesse Haïtienne (CACISAJH), lesquels arrêtés placent illégalement son épouse Sophia S. Martelly et son fils Michel Olivier Martelly au rang des comptables de deniers publics. Ces décrets montrent le népotisme du Régime néo-duvaliériste de Martelly qui légalise la corruption.

 

 


7. Promesses non tenues

Environ dix-neuf (19) mois après la prestation de serment du chef de l’État, aucune promesse du Régime qui se veut Rose n’est tenue jusqu’à ce jour. La population voit en revanche ses conditions de vie se noircir. En effet, aucune des 30,000 maisons préfabriquées promises par le candidat Martelly devenu Président, n’a été mise à la disposition de nos compatriotes vivant sous des tentes depuis le terrible séisme du 12 janvier 2010. On ne fait que déplacer les gens d’un camp à un autre ou les installer dans d’insalubres et vulnérables bidonvilles. Aucun emploi n’a été créé, sauf les postes abusifs de ministres, de secrétaires d’État et de directeurs-adjoints accordés à des amis. Or, d’une part, le pouvoir d’achat des citoyens diminue de jour en jour, et, d’autre part, le Gouvernement tue la production agricole par ses commandes de riz à l’étranger et l’absence d’une politique agricole sérieuse. En somme, aucun plan de développement global n’est présenté à la Nation, voire implémenté. Ainsi, la situation socioéconomique et politique de la Nation continue de se dégrader à un rythme inquiétant.

 

L’action politique d’éclat que le groupe PRI a annoncée deux mois à l’avance et courageusement effectuée le lundi 14 janvier 2013 se situe dans la droite ligne des luttes populaires et progressistes pour la démocratie, l’état de droit et la séparation des pouvoirs. Elle s’inscrit honorablement dans une nouvelle et efficiente légitimité démocratique telle qu’exercée par les parlementaires français, britanniques et européens. Loin de ternir l’image de nos institutions, elle met plutôt à nu l’autoritarisme, l’incompétence, la mesquinerie, la partisannerie, le népotisme, la corruption, l’arrogance et la discrimination qui sont à l’œuvre au sein du Pouvoir de Martelly. Autrement dit, elle montre la défaillance et la politique à courte vue de son Régime. Elle vise alors à provoquer le changement de comportement de ses deux Chefs, au sens d’un retour à la dynamique démocratique, au respect scrupuleux du principe de la séparation des trois (3) Pouvoirs, ainsi qu’à imposer aux comptables de deniers publics le devoir de responsabilité et de résultat. Par ailleurs, elle permet à la Communauté internationale (ses honnêtes, généreux et sincères membres) de se rendre à l’évidence qu’en Haïti, plus particulièrement au Parlement, il y a des représentants du peuple qui, même pour des perles rarissimes, n’abdiqueront jamais le mandat populaire dont ils sont les détenteurs et dépositaires.

 


Vive le Peuple haïtien !

 

 


Vive la République d’Haïti !

 

 


Pour le groupe PRI :

 

 

Député Sadrac DIEUDONNE, Av.

Président

 

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