Home 5 Actualités 5 Haïti débat / Le problème de carburant, la montée du dollar, l’insécurité et la division au sommet de l’État : Monsieur le président, les conditions sont réunies pour une nouvelle ébullition

Haïti débat / Le problème de carburant, la montée du dollar, l’insécurité et la division au sommet de l’État : Monsieur le président, les conditions sont réunies pour une nouvelle ébullition

Ces dernières semaines, le pays connait un calme apparent. Le président doit faire beaucoup d’attention. Car, derrière cette accalmie cache, de manière latente, une vive tension qui peut être éclatée à n’importe quel moment. En dehors de la rareté de carburant qu’il y a sur le marché et de la montée du dollar américain, l’insécurité, qui surgit à la suite du sursaut populaire du mois de février écoulé, est inquiétante.

Après le vote des députés sur le salaire minimum des ouvriers de 750 gourdes à la chambre basse, le dollar américain est recommencé à grimper sur le marché haïtien. De 79 au lendemain des événements du mois de février, il est passé, cette semaine, à 90 gourdes. Loin de conforter la population, cette situation risque de déboucher sur une autre ébullition. Car, avec la montée du dollar, les prix des produits de première nécessité vont s’accroitre, alors que le peuple devienne de plus en plus pauvre.

Il n’y a presque pas d’emplois en Haïti. Ce problème d’emplois est tel que le taux de chômage est inestimable dans le pays. La population survit du marché informel. Bien qu’elle soit dangereuse, la vente de carburant dans les rues constitue depuis quelques temps un nouveau recours adopté par plus d’un pour pouvoir gagner leur vie.

Le bureau du secrétaire d’État à la sécurité publique a annoncé au milieu de la semaine écoulée l’interdiction du commerce du produit pétrolier en dehors du circuit régulier sur le territoire national. Cette mesure, en dépit de sa justesse, a suscité une tension au sein des vendeurs qui se débrouillent logiquement pour trouver de quoi à vivre. La grogne de la population, ces jours-ci, est plus que doublée. Elle est à la fois liée à la montée du dollar, la pénurie de carburant, l’interdiction de sa vente sur le marché informel et l’insécurité qui s’accroit progressivement.

Le problème de l’insécurité inquiète les gens dans le pays. Après les conflits à répétitions entre des bandes rivales à Martissant, au Bicentenaire, à Lassaline, Cité Soleil, l’établissement de la domination du chef de gang, Arnel Joseph, avec ses pairs dans le Département de l’Artibonite, plus précisément à Marchand Dessalines, le phénomène de l’insécurité angoisse, depuis peu, les habitants de la ville du Cap-Haïtien. La Police Nationale d’Haïti (PNH) doit assumer sa responsabilité.

Toutefois, irresponsable et sous-équipée, l’institution policière confronte beaucoup de difficultés. Elle ne maitrise pas les frontières haïtiennes avec la République Dominicaine. 99% d’armes qui entrent dans le pays passent par la frontière haïtiano-dominicaine. Les responsables doivent adresser le problème de la contrebande. Alors que la PNH devait être apolitique, au niveau de son Haut État-Major, les chefs font de la politique.

Depuis l’arrivée de Jovenel Moise à la tête de l’État, à plusieurs reprises on a tenté de renvoyer le directeur général de la PNH, Michael Gédéon. « Comment voulez-vous que l’institution se mobilise quand on fragilise son Haut État-Major ? », se questionne le directeur de la Radio Télé Scoop, lors de la retransmission Haïti débat du vendredi 12 avril 2019, avant d’ajouter qu’il est absurde de vouloir réduire les activités de l’institution à l’arrestation du chef de gang Arnel Joseph.

La synergie que nous recherchons, nous ne pourrons pas la trouver. Il n’y a pas d’unité au sommet de l’État. Le Haut État-Major de la PNH se trouve d’un côté et le pouvoir d’un autre côté.

Par ailleurs, les primes de risque des agents arrivent toujours en retard. Durant ces deux dernières années, l’institution policière souffre d’une grande pénurie de carburant. Elle n’a pas de fonds d’intelligence à la hauteur de sa mission. Dans le budget on a attribué seulement 2 millions de gourde à la police comme fonds d’intelligence. Ces 2 millions de gourdes, souligne Gary Pierre Paul Charles, ne peuvent pas donner les résultats escomptés. La 29eme promotion vient d’être graduée. Elle compte 650 agents. Ces agents depuis près de 7 mois n’ont rien perçu comme salaire. Le pire, ils ne sont pas armés. Face à ce tableau sombre, quel résultat peut donner la police ?

Mozard Lombard,

Communicateur Social, Journaliste,

Tél : (509) 3147-1145,

Email : [email protected]

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