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Actualités - avril 19, 2017

Haïti – Education : Formation de superviseurs et d’administrateurs du grand Nord

Le Directeur général du ministère de l’Education nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) a été dans le Nord du pays. Le Dr Méniol Jeune a procédé, le mercredi 13 avril 2017, à l’EFACAP de la Grande-Rivière du Nord, à l’ouverture d’une session de formation organisée à l’intention des administrateurs et superviseurs de l’évaluation nationale en 4e Année Fondamentale.




En perspective à la tenue le 16 mai prochain de l’évaluation nationale en 4e Année Fondamentale dans les disciplines de base tels le créole, le français et les mathématiques, le MENFP poursuit la tournée de sensibilisation dans les directions départementales d’éducation (DDE). En ce sens, il  a réuni pour deux jours de formation (les mercredi 12 et jeudi 13 du mois courant) à l’EFACAP de la Grande-Rivière du Nord une quarantaine de professionnels de l’éducation (inspecteurs, techniciens des SAP, responsables de BDS…) venus des départements du Nord, du Nord-Ouest et du Nord-Est, plus une dizaine de  cadres du bureau central de Port-au-Prince. 

Le numéro deux du MENFP a jugé important, pour son premier déplacement en dehors de Port-au-Prince depuis son installation le 7 avril dernier, de prendre part à cette activité, déjà répétée, dans d’autres directions départementales de l’éducation.

Le DG Méniol Jeune a fait part de son contentement de pouvoir participer à cette session de formation de formateurs en préparation à l’évaluation nationale  qui se tiendra à la mi-mai. Il voulait observer comment se déroulait cette activité d’une grande importance pédagogique. En ce sens, le Directeur général du MENFP a fortement encouragé les participants à faire bon dépôt lors de cet atelier aux fins d’une transmission rigoureuse à d’autres formateurs. 

Katrin Ruethling et Clara Wilsher Beyer, deux expertes en évaluation et en administration de test, déléguées par l’Association internationale pour l’évaluation du rendement scolaire (IEA), sise à Hambourg, en Allemagne, co-animaient cet atelier aux côtés d’autres techniciens haïtiens. L’IEA et l’IHFOSED (Institut haïtien de formation en sciences de l’éducation), son vis-à-vis haïtien, sont chargés de la mise place de cette opération d’envergure nationale.

Durant son intervention, Katrin Ruethling a élaboré sur le rôle de l’administrateur, sur la chronologie de la préparation  et les contenus des tests. Elle a aussi mis l’emphase sur leur déroulement et les tâches à remplir par les administrateurs et les superviseurs à la clôture de la journée d’évaluation. 

L’experte de l’IEA a aussi parlé en long et en large de la standardisation des tests, lesquels doivent être élaborés suivant une seule et même procédure et administrés de la même manière. Les instructions, le temps d’administration des tests seront les mêmes pour tous les élèves, pas une minute de moins, encore moins une minute de plus.



S’il est accordé à l’administrateur des tests d’aider l’apprenant à répondre au questionnaire de contexte – qui collecte des informations sur la situation socio-éducative de l’enfant – mais il lui est interdit d’expliciter certains items  pour l’élève.

Katrin Ruethling, assistée de Clara Wilsher Beyer,  a conclu son exposé avec une série de questions-réponses. Les participants, qui auront à reproduire cette formation dans leur district scolaire respectif, ont formulé des questions très pertinentes afin d’être à même pour cette tâche.       

Cette intervention a été précédée  de la mise en contexte faite par Jean Wilnor Pierre, chargé de l’évaluation des acquis scolaires au niveau du MENFP. Il a planté le décor en allumant les projecteurs sur les failles du processus apprentissage au cours des premières années de l’école fondamentale surtout en matière de lecture, d’écriture et de numératie. En des termes clairs et nets, il a expliqué aux participants la nécessité de conduire cette opération afin de constater si les compétences basiques sont bel et bien installées chez les élèves du premier cycle du fondamental.

Lors de ses propos de mise en train, Jean Wilnor Pierre a pris du temps pour faire comprendre aux participants à cette session de formation que les tests qui évaluent le niveau d’apprentissage des enfants, en bout de piste, c’est-à-dire, après analyse, serviront à l’adoption de prescriptions pédagogiques appropriées.

Ces mesures de correction devraient aider l’enseignant à ajuster sa méthode de travail; le directeur de l’établissement scolaire à revoir son coaching ; aussi aux parents d’être plus alertes sur l’évolution scolaire de leurs enfants. Car, l’évaluation, étant un outil de gouvernance, pourrait même pousser à revoir le curriculum, la formation continue des enseignants et le mode de gestion pédagogique et administrative des établissements scolaires. Tout ceci pour signifier qu’elle est à même d’allumer des points rouges dans le système, une façon d’attirer l’attention des décideurs stratégiques et des opérateurs de terrain, à travers les DDE, sur l’existence de certains problèmes et de les inciter à de nouveaux réglages de  l’aiguillage de la machine éducative.

Contrairement aux phases pré-pilote (2015), pilote (2016), l’évaluation programmée pour le 16 mai prochain sera nationale et concernera toutes les écoles publiques, même si parallèlement les tests seront soumis aux élèves de 80 écoles non publiques.

Au cours de cet atelier, il a été amplement question du protocole d’administration des tests. Jean Wilnor Pierre, l’a maintes fois rappelé, la valeur du test réside dans le respect du protocole d’administration. Les mêmes consignes seront d’application dans toutes les écoles du pays. Aucun intru ne sera autorisé à pendre part dans ce processus. Seuls les professionnels de l’éducation seront impliqués dans la passation des tests. Tout ceci mérite d’être fait avec rigueur et savoir-faire, un point sur lequel a beaucoup insisté le porteur principal du projet d’évaluation.

Les formateurs, les participants ont aussi mis les points sur les « i » afin d’anticiper les éventuels inconvénients pour le jour « j » de l’évaluation. Ensemble, ils ont revisité minutieusement le manuel d’administration de test. Ce document précise le rôle du superviseur, les règles pour un meilleur contrôle de l’exercice, décrit les livrets de tests et le formulaire de suivi des élèves. Il y est aussi présenté le déroulement chronologique de l’évaluation, et cetera.

Pour s’assurer que la semence a été jetée en bonne terre, le deuxième jour,  les animateurs de l’atelier avaient départagé les formateurs en petits groupes pour un exercice de simulation de l’administration des tests. Ce fut le dernier acte de la session lequel a bien réussi.

Idson Saint-Fleur

Photos : Sadrac Théodore

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