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François Gesner Max Beauvoir | Photo : Anastasia Moloney/Reuters)

Max Beauvoir, figure emblématique du vaudou haïtien

Le vaudou est une religion originaire de l’ancien royaume du Danhomè (Afrique de l’Ouest). Il est toujours largement répandu au Bénin et au Togo, comme dans le célèbre marché des féticheurs à Lomé.

À partir du xviie siècle, les Noirs capturés, réduits en esclavage, originaires de cette région d’Afrique répandirent le culte vaudou aux Caraïbes et en Amérique. Le vaudou se retrouve donc sous différentes formes à Cuba, en Haïti, auBrésil ou encore aux États-Unis, en Louisiane surtout. Il s’est aussi répandu en Afrique du Nord, où il se retrouve sous différentes formes, dont la plus connue est le Gnawa au Maroc et en Algérie, mélangé au folklore religieux arabo-musulman. Le culte vaudou compte environ 50 millions de pratiquants dans le monde. De nombreuses communautés « vaudouisantes » existent dans le monde entier, majoritairement sur le continent américain, et aux Antilles. Il existe en Europe des communautés plus discrètes mais néanmoins actives tel que le Hounfor bonzanfè, le Lakou sans Lune ou le Hounfor Konblanmen. Au début du xxie siècle, le vaudou s’étend également au Canada où de nombreuses communautés ont vu le jour et tentent de mettre ce système de croyance au-devant de la scène.

Le vaudou haïtien, un mystère !

Impossible de parler d’Haïti sans évoquer le Vaudou, qui désigne l’ensemble des dieux et des forces invisibles dont les hommes essaient de se concilier la puissance ou la bienveillance. Profondément ancré dans l’âme haïtienne, il trouve son origine dans l’ancien royaume du Dahomey, en Afrique de l’Ouest, s’exportera en Amérique et dans la Caraïbe à l’époque de l’esclavage noir africain se développant dans la clandestinité.

Aujourd’hui, le vaudou réunirait 50 millions d’adeptes dans le monde : aux Etats-Unis, en Louisiane et Nouvelle Orléans mais également en Floride, au Brésil et en particulier dans l’Etat de Bahia, aux Antilles mais s’il est originaire du continent africain, ce n’est pas l’endroit où le vaudou est le plus pratiqué, à noter cependant les exemples du Togo, Ghana, Nigeria et du Bénin.

Le vaudou ou vodou (divinité, dieu, esprit) est un exemple de syncrétisme où des éléments de religions africaines vont se fondre progressivement avec le culte des saints dans la religion catholique, question essentielle de survie pour les adeptes d’une croyance interdite, sévèrement réprimée par les colons jusqu’à la peine de mort. En y intégrant des éléments catholiques, le vaudou « chrétien » devient plus acceptable. D’ailleurs et meilleur exemple, Dieu existe dans cette religion et porte en créole le nom de Bondyé, un peu comme nous parlons du Bon Dieu mais son véritable nom est Mawu. Comme dans la religion catholique, il incarne l’Etre suprême auquel – dans les faits – on ne s’adresse pas directement. Il est immatériel, jamais représenté sous quelque forme que ce soit. Lui-même délègue d’ailleurs ses pouvoirs à des intermédiaires : saints, esprits et lwas (esprits ou divinités). Cette délégation permet une habile transition de la religion officielle au vaudou… et vice versa.

Dans le vaudou, la place du surnaturel est importante. Il existe un monde de l’invisible auquel la pratique du vaudou permet d’accéder à condition d’invoquer l’aide du lwa concerné. En l’occurrence, le premier d’entre eux est Papa Legbaqui garde la frontière entre le monde des humains et le monde surnaturel. C’est la raison pour laquelle on le dit présent à l’entrée des temples, aux barrières et aux carrefours. Il est apparenté pour la religion catholique à Saint Pierre, en raison des clés du paradis, à Lazare que le Christ fit lever du tombeau et donc revenir du royaume des morts, à Saint-Antoine enfin souvent invoqué pour retrouver les objets perdus, recouvrer la santé ou exaucer un vœu.

“Papa Legba, ouvri bayé pou moin… ” (“Papa Legba, ouvre-moi la barrière…”)

Papa Legba qui ouvre et ferme les chemins, est représenté comme un vieillard couvert d’un chapeau de paille, fumant la pipe et tenant une canne. Très coléreux, à minuit, il devient malfaisant. Dans le rite Petro, Papa Legba devient Kalfou (Carrefour), maître des esprits nocturnes – peut-être démon – grand maître des charmes et des sortilèges, proche enfin de tout ce qui a trait à la magie noire.

Le temple vaudou (houngor ou oufo) est divisé en deux parties, le péristyle, vaste hangar ouvert au public où se déroulent les cérémonies et la (ou les)caye(s) mystères (maison des mystères) on parle aussi de bagui, sanctuaire des loa (esprits ou mystères du vaudou), contenant l’autel vaudou et la pierre du temple. Au centre du péristyle le potomitan, ou poteau-mitan qui va de la terre au ciel, représente l’axe du monde et établit ainsi la communication entre le monde des humains et celui de dieu. Autour du poteau-mitan, le hougan ou la manboou mambo (la prêtresse, l’équivalent féminin du hougan) trace les vévés, dessins rituels exécutés à même la terre battue avec de la fécule de maïs ou de la craie. A noter, sans aucun rapport avec le vaudou, que le potomitan dans la culture antillaise désigne la mère courage, la place de la femme au centre de la famille et du foyer.

A plusieurs reprises, le vaudou a joué un rôle important dans l’histoire d’Haïti, notamment dans l’organisation des révoltes contre les colons français. Dans la nuit du 14 août 1791, au Bois-Caïman, un lieu reculé de l’habitation Lenormand de Mézy, un hougan, c’est-à-dire un prêtre ou un maître de la religion vaudou, Dutty Boukman, organisa une cérémonie pour un grand nombre d’esclaves. Un cochon noir fut sacrifié et les assistants burent son sang afin de devenir invulnérables. Boukman ordonna alors le soulèvement général qui éclata dans la nuit du 22 août. Les esclaves brûlèrent plusieurs habitations (entendez par habitation, exploitation ou domaine agricole)  et massacrèrent les blancs, y compris les femmes et les enfants. On dénombra près d’un millier de blancs assassinés, 161 sucreries et 1200 caféières dévastées. Boukman qui était de grande taille et d’une force peu commune fut tué au combat et sa tête exposée au Cap-Français, afin de prouver qu’il n’avait rien d’invulnérable. La cérémonie du Bois-Caïman est considérée en Haïti comme l’acte fondateur de la révolution et de la guerre d’indépendance.

François Duvalier, dit Papa Doc, qui détint le pouvoir de 1957 à 1971, utilisa les frayeurs populaires que le vaudou peut inspirer pour accroître son emprise sur le peuple. Il prétendait être lui-même un hougan et a délibérément modelé son image sur celle du Baron Samedi, lwa des morts pour se rendre encore plus imposant. Il portait souvent des lunettes de soleil et parlait avec ce fort ton nasal associé au lwa. Le Baron Samedi, sinistre, est le plus grand effrayeur du vaudou. Il est représenté vêtu d’un chapeau haut de forme blanc, d’un costume se soirée, avec du coton dans les narines, allusion sans doute à la préparation des défunts dans la Caraïbe.

Dans l’un des James Bond (Live and let die, 1973) on observe, très stylisé pour le cinéma, un Baron Samedi incarné par l’acteur trinidadien Geoffrey Holder. À la mort de John Fitzgerald Kennedy, Papa Doc déclara que l’assassinat du président américain était la conséquence d’un sort qu’il lui avait jeté. Dans les années quarante, Duvalier avait fréquenté un ethnologue du nom de Lorimer Denis, spécialiste du culte vaudou et militant de la cause noire. Le futur dictateur y puisera l’inspiration pour sa théorie raciste pro-négritude destinée à flatter la majorité afro-haïtienne aux dépens des mulâtres. Enaoût, septembre et octobre 1964, des centaines de mulâtres, femmes, vieillards et enfants furent torturés puis abattus au cours de massacres connus sous le nom de Vêpres Jérémiennes. Duvalier a-t-il tenu à rééditer l’événement de Bois-Caïman d’août 1791 ? Quand en 1986, tombera le régime des Duvalier, le tombeau du dictateur sera saccagé, son corps déterré et battu par la foule.

Panthéon vaudou en Afrique

Le panthéon vaudou est avant tout constitué des forces de la nature, comme dans le chamanisme. Les vaudou (loalwa) et leurs relations renvoient aux puissances naturelles que sont la foudre, la mer, la maladie, etc.

Mais le culte vaudou s’intéresse aussi à d’autres entités surnaturelles, telles que les ancêtres divinisés et les monstres (et autres animaux).

Donc, si le vaudou haïtien a connu cet essor, on ne pas passer outre de « ce mapou », François Gesner Max Beauvoir. Il est mort le samedi 12 septembre en sa résidence en Haïti, à l’âge de 72 ans.

Source : Wikipedia.org / franceculture.fr (Gérard Conreur)

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