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Actualités - septembre 9, 2021

Scoop édito : Ariel Henry sur le chemin d’un coup d’État classique

Depuis l’assassinat du président Jovenel Moise survenu dans la nuit du mardi 6 au mercredi 7 juillet de cette année 2021 en cours, le pays vit une situation spéciale. Le pouvoir exécutif constitutionnellement bicéphale est réduit à une seule tête. Les acteurs sont incapables de le remettre dans l’ordre.

La continuité de l’État sans parlement avec un pouvoir exécutif monocéphale complique la crise politique qui gangrène le pays depuis avant le forfait du président Jovenel Moise. Si d’un coté des voix s’élèvent et demandent de combler le vide présidentiel, de l’autre coté on veut garder le pouvoir dans sa monocéphalité. Les acteurs ont dû mal à s’entendre sur le modèle à adopter pour assurer la transition post Jovenel jusqu’aux élections générales dans le pays.

Désigné Premier ministre par le président Jovenel Moise le 5 juillet passé en remplacement de Claude Joseph reconduit pendant trois mois à trois reprises comme PM ai à cause de l’impéritie des protagonistes à trouver un terrain d’entente pour monter un gouvernement de consensus après trois ans de crise politique, Ariel Henry, qui devait investir dans ses fonctions le 7 juillet, date de l’assassinat impromptu de Monsieur Moise, a dû prendre les rênes de la primature le 20 juillet, après une prolongation de 13 jours de son successeur qui assurait la continuité de l’État.

À peine entré en possession de ses fonctions, Ariel henry a exprimé son intention de rentrer le décret créant l’Agence Nationale d’Intelligence (ANI) cher aux proches du feu président Jovenel. Ce projet de rapporter le décret présidentiel projette de lui une image de félon auprès des défenseurs de la vision du président assassiné. Du coup, il se trouve en face des jovenélistes.  

Après avoir manifesté ses velléités de rapporter le décret, le Premier ministre Ariel, qui avait pour mission de former un gouvernement d’ouverture incluant les forces vives de la Nation, résoudre le problème criant de l’insécurité et accompagner le CEP pour la réalisation des élections générales et du référendum, a exprimé son projet de garder un exécutif monocéphale. En conséquence, il se trouve en face d’une frange de l’opposition, de la société civile et de la majorité de ce qui reste du Sénat qui soutient la candidature de Joseph Lambert pour combler la vacance présidentielle.

Dans sa démarche intéressée pour garder un exécutif à une seule tête, Ariel Henry gagne la sympathie du secteur démocratique et populaire (SDP), des leaders du protocole d’entente nationale (PEN) contre les sénateurs qui sont les seuls élus que reste le pays, les membres de la commission de la société civile et les jovenelistes cavaliers de combat du président Jovenel Moise depuis tantôt quatre à cinq années. Il écarte les cadres de la Maison présidentielle et négocie la tête des partisans de Jovenel Moise de son gouvernement. Cette situation crée de la frustration au sein de la famille politique du président défunt et rend inconfortable le palais national.

Ariel Henry s’éloigne des adeptes de Jovenel Moise pour se cohabiter avec ses farouches opposants. Le jeu devient malsain et déséquilibré. Ainsi, le PM donne l’impression de fomenter un putsch. Se projetant en putschiste, Ariel Henry est sur la voie d’un coup État classique. Pour résoudre la crise, il n’a pas à évincer les personnalités du pouvoir de Jovenel Moise. Il doit faire le jeu de l’équilibre. Il ne doit écarter quiconque. En mettant de côté les joveneliste dans l’intérêt des frondeurs de Jovenel, il n’arrivera pas à débrouiller la crise. Au contraire, il tisonne le feu. Monsieur Henry jette de l’huile sur le feu à un moment où le pays fait face à de graves problèmes humanitaires et sécuritaires.

Moazard Lombard,

Éditorialiste chez Radio Télé Scoop,

Tél : (509) 3147-1145,

Email : [email protected]   

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